(Ottawa) Une vingtaine d’associations industrielles représentant des entreprises canadiennes pressent le gouvernement Trudeau à prendre les moyens qui s’imposent pour éviter à toute grève qui pourrait paralyser le port de Montréal.

Joël-Denis Bellavance Joël-Denis Bellavance
La Presse

Dans une lettre qu’elles ont fait parvenir au premier ministre Justin Trudeau, cette semaine, ces associations affirment que le port de Montréal « est un rouage important » pour le succès de l’ensemble des secteurs économiques en raison de sa position sur les voies d’approvisionnement du Canada atlantique, du Québec et de l’Ontario.

Et déjà l’incertitude qui entoure les négociations en cours entre l’Association des employeurs maritimes (AEM) et la section locale 375 du SCFP a forcé de nombreuses entreprises à modifier leurs itinéraires commerciaux pour éviter le port de Montréal.

S’appuyant sur un récent sondage mené par Électro Fédération Canada, ces associations affirment que plus de 70 % des répondants ont détourné leurs marchandises vers d’autres ports du Canada.

« Cela crée une congestion aux points d’entrée qui sont déjà fortement engorgés. Ces conditions sont extrêmement défavorables à toute tentative de relance économique, à un moment où les chaînes d’approvisionnement sont déjà fragilisées par la pandémie de la COVID-19 », écrivent les dirigeants de ces associations dans cette lettre obtenue par La Presse.

« Ce genre d’incertitude menace la réputation internationale du Canada en tant que partenaire commercial et continue de créer une grande incertitude pour les entreprises qui dépendent du port comme principale voie d’approvisionnement. Nous réitérons notre appel au gouvernement fédéral à recourir à tous les outils à sa disposition pour mettre un terme à cette situation et veiller à ce que l’intérêt public demeure la préoccupation première », ajoutent les dirigeants de ces associations.

La lettre, qui a été signée notamment par Perrin Beatty, le président de la Chambre de commerce du Canada, John Corey, le président de l’Association canadienne de gestion du fret, Kim Campbell, la présidente de l’Association canadienne des Importateurs et Exportateurs, a aussi été envoyée aux leaders de tous les partis de l’opposition à la Chambre des communes.

Cette lettre a été envoyée alors que la grève de week-end des débardeurs du port de Montréal commencera samedi matin. Cette journée de débrayage s’ajoutera à la grève des heures supplémentaires lancée plus tôt cette semaine.

Cette grève aura lieu les samedis et les dimanches pour une durée illimitée. Mais, espoir, les discussions entre l’Association des employeurs maritimes et le syndicat des 1150 débardeurs du port de Montréal ne sont toujours pas rompues.

Des représentants des deux parties se sont rencontrés, jeudi, en présence des trois médiateurs déjà affectés au dossier par le ministère fédéral du Travail.

Vendredi, les parties étaient en réunion dans leur camp respectif pour faire des travaux, a fait savoir le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), affilié à la FTQ, qui représente ces débardeurs.

Cette semaine, la section locale du SCFP a repris son vote de grève, vu les délais écoulés depuis le vote précédent. Et, encore une fois, les débardeurs ont voté à 99,3 % en faveur de la grève et 1021 personnes ont exercé leur droit de vote.

Le premier vote de grève remonte à décembre 2018. Il a été réitéré régulièrement depuis.

Pour l’heure, le gouvernement fédéral préfère laisser les parties parvenir à un règlement négocié, en mettant tous les outils à leur disposition pour faciliter le dialogue. Trois médiateurs ont déjà été affectés au dossier.

La grève partielle a été annoncée par le syndicat, dimanche dernier, après que l’Association des employeurs maritimes eut annoncé qu’elle allait réduire les conditions de rémunération des débardeurs.