La majorité des acteurs de la santé présents à la conférence de presse du ministre Christian Dubé, mardi matin, ont bien accueilli le plan de refondation, même si certains doutent qu’il se concrétisera par des changements.

Publié le 30 mars
Ariane Lacoursière
Ariane Lacoursière La Presse

« Il faut donner une chance au coureur. Mais pour qu’on voie des changements rapidement, le ministre devra faire un sprint. Pas un marathon », estime le directeur général du Réseau FADOQ, Danis Prud’homme. Président du Conseil pour la protection des malades, Paul Brunet estime que « plus une organisation est grosse, plus ça prend du temps, implanter des changements », dit-il.

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Danis Prud’homme, directeur général du Réseau FADOQ

Chef des soins intensifs à l’hôpital Maisonneuve-Rosemont, le DFrançois Marquis reconnaît que le système de santé est « une machine lourde avec une grande force d’inertie ». Mais selon lui, la pandémie aura fait réaliser aux acteurs de la santé qu’« il faut agir ».

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Le DFrançois Marquis, chef des soins intensifs à l’hôpital Maisonneuve-Rosemont

Je n’ai jamais vu une mobilisation comme ça dans le réseau de la santé pour modifier les façons de faire.

Le DFrançois Marquis, chef des soins intensifs à l’hôpital Maisonneuve-Rosemont

« Les gens du milieu croient que c’est possible de changer », affirme le DMarquis, qui se dit « prêt à embarquer dans la tentative ».

La Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) appuie « le souhait gouvernemental de se doter enfin d’un plan pour valoriser la médecine familiale ». Mais pour son président, le DMarc-André Amyot, « le retrait du projet de loi 11, qui est un nuage noir et une véritable épée de Damoclès au-dessus de la tête de la médecine familiale au Québec, serait un premier pas dans cette direction ».

« Un changement de culture » nécessaire

« Trop longtemps, la seule option pour le patient en dehors des heures ouvrables a été l’urgence. Le plan présenté par le ministre Dubé représente un changement de culture que doit s’approprier l’ensemble du réseau », affirme pour sa part la vice-présidente de l’Association des spécialistes en médecine d’urgence du Québec, la Dre Laurie Robichaud.

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Caroline Senneville, présidente de la CSN

Présidente de la CSN, Caroline Senneville déplore que le plan de refondation soit « plus une liste qu’un plan ». Elle craint une « privatisation accrue du réseau ». La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) estime quant à elle qu’il y a « beaucoup de vœux pieux » dans le plan et doute de sa réalisation, principalement « en raison du sous-financement de son plan santé ».

Président de l’Ordre des travailleurs sociaux et des thérapeutes familiaux et conjugaux du Québec, Pierre-Paul Malenfant croit que « les services sociaux n’ont pas la place qu’ils devraient avoir » dans le plan. Il plaide pour la création d’une « direction des services sociaux ».

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Michel Clair, ancien ministre et président de la Commission d’étude sur les services de santé et les services sociaux

« Je n’ai pas d’hésitation à dire que je partage beaucoup des 50 idées [du plan de refondation] », a pour sa part déclaré Michel Clair, président de la commission éponyme dont le rapport, publié en 2000, préfigurait plusieurs solutions mises de l’avant par le ministre Dubé. « Je vois un ministre qui est très volontaire, qui a regardé tout ce qui avait été publié auparavant et qui reprend beaucoup de recommandations qui ont été faites à l’époque ».

Christian Dubé a dit s’être inspiré du rapport de l’ancien ministre pour son plan. « C’est un peu frustrant de voir que ça a pris 21 ans avant d’implanter les recommandations, mais en même temps c’est une grande fierté d’avoir plus contribué à émettre des idées qui ont encore de la valeur pour la société québécoise », a-t-il conclu.

Avec Alice Girard-Bossé, La Presse