(Senneterre) Les urgences du centre de santé de Senneterre, en Abitibi-Témiscamingue, ont rouvert leurs portes à temps plein à 8 h, lundi matin.

Publié le 7 mars
La Presse Canadienne

Depuis le 18 octobre, elles étaient fermées 16 heures par jour, soit de 16 h à 8 h le lendemain, en raison d’un manque de personnel infirmier.

La mairesse de Senneterre, Nathalie Ann Pelchat, a confirmé il y a quelques jours qu’au moins trois infirmières arriveraient en renfort pour que les urgences puissent servir la population à temps plein.

Quelques semaines après la fermeture partielle du service, les proches d’un sexagénaire ont soutenu que cette rupture de service avait joué un rôle dans sa mort.

Durant une nuit, Richard Genest, qui était terrassé par une douleur devenue insoutenable, a dû appeler l’ambulance puisqu’il ne pouvait pas se rendre aux urgences de Senneterre.

Cependant, au moment de l’appel, la seule ambulance desservant Senneterre se trouvait déjà en route vers Val-d’Or. C’est donc une ambulance de Barraute, à une trentaine de kilomètres, qui a dû venir chercher l’homme de 65 ans.

D’après le récit de son fils Miguel Genest, l’homme aurait patienté une heure et demie avant de voir les ambulanciers arriver. On l’a transporté à Val-d’Or, à plus de 60 kilomètres au sud-ouest de Senneterre. Miguel Genest a ensuite reçu l’appel d’une médecin de Val-d’Or lui disant que son père aurait plutôt dû être dirigé vers l’Hôpital d’Amos, où on l’a finalement transporté, à 70 kilomètres de Val-d’Or.

Richard Genest est mort dans l’ascenseur qui l’amenait au bloc opératoire à Amos.

Dans une lettre transmise peu après au ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, la mairesse Pelchat a affirmé que si Richard Genest avait pu voir un médecin à Senneterre, celui-ci aurait identifié l’urgence de la situation.

Il n’y avait pas de cardiologue à l’hôpital de Val-d’Or où il a d’abord été transporté, selon ce que le médecin de l’endroit a confirmé au fils de la victime.

Au moment de l’annonce de la fermeture des urgences de 16 h à 8 h, le ministre Dubé avait déclaré que la situation était temporaire.

La PDG du CISSS de l’Abitibi-Témiscamingue, Caroline Roy, a quant à elle affirmé que la fermeture des urgences de Senneterre n’avait pas été un facteur ayant contribué au décès de Richard Genest.

Le Bureau du coroner du Québec a ouvert une enquête sur sa mort.