(Québec) Le gouvernement Legault s’engage à verser les milliers de dollars dus aux travailleurs de la santé en rétroactivité salariale et primes au cours des deux prochaines périodes de paie, le 23 février et le 10 mars. Les montants restants pourront être versés en avance, a promis le ministre Christian Dubé. Un engagement qui ne rassure pas les syndicats.

Publié le 15 février
Fanny Lévesque
Fanny Lévesque La Presse

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, s’est engagé mardi à ce que les montants dus au personnel de la santé soient remboursés d’ici le 10 mars prochain. « On s’est engagé à verser 6,1 milliards de primes et d’ajustements aux conventions collectives. Jusqu’à maintenant, on en a payé 4,8 milliards. Ça, c’est presque 80 % », a fait valoir le ministre en conférence de presse sur la pandémie.

« Ce qui reste, le 20 %, on s’est engagé à le payer dans les deux prochaines paies. C’est-à-dire le 23 février et le 10 mars. Et j’ai dit que s’il restait des montants […] on va faire des avances », a-t-il ajouté. Ces versements excluent les sommes dues en vertu de la Loi sur l’équité salariale concernant des rétroactivités remontant à 2015 et 2010, qui atteindraient 1,15 milliard de dollars selon les syndicats.

Encore lundi, huit syndicats du secteur de la santé ont fait front commun pour dénoncer les retards qui s’accumulent dans le paiement de différentes primes et de la rétroactivité salariale prévue aux nouvelles conventions collectives. Les syndicats accusent le gouvernement Legault de retarder continuellement le versement des montants dus et d’avoir présenté un calendrier « incomplet et imprécis ».

Le ministre Dubé n’a pas voulu préciser mardi si son gouvernement envisageait de verser de l’intérêt sur les montants impayés alors que les sommes attendues peuvent facilement atteindre plusieurs milliers de dollars.

Le ministre Dubé a indiqué mardi avoir fait « des exceptions » en signant plus rapidement les conventions collectives dans le contexte de la pandémie. « Ça prend des fois, trois, quatre, cinq mois [pour l’application des nouvelles règles]. Cette fois-ci, avec l’accord du Conseil du Trésor, on a décidé de couper dans ce temps-là parce qu’on voulait que [les travailleurs] les aient plus rapidement », a-t-il expliqué.

Ça nous a joué un petit tour parce qu’on s’est retrouvés avec nos mêmes systèmes informatiques, avec une foule de règles. Est-ce qu’on a bien fait ? Moi, je pense que oui. Mais là, aujourd’hui, on se fait reprocher que c’est plus long. Mais on a quand même donné l’application beaucoup plus rapidement.

Christian Dubé, ministre de la Santé et des Services sociaux

C’est un argument qui ne tient pas la route selon les syndicats alors que le délai visant la mise en application de la convention collective est de 90 jours, comme c’était le cas lors du précédent contrat de travail.

« Le ministre de la Santé cherche des coupables alors qu’il n’a que lui-même à blâmer pour les retards de paiements. Les délais pour l’arrimage du système de la paie et les échéances pour verser la rétroactivité sont reconduits d’une convention collective à l’autre, contrairement à ce qu’affirme le ministre. Ça, c’est la réalité », a répliqué mardi la présidente de la FIQ, Julie Bouchard.

« L’autre réalité, c’est qu’il a mis en place des primes hors convention aux conditions d’admissibilité complexes, ce qui a surchargé le système de paie. Il a négligé de mettre les efforts nécessaires pour s’assurer que le personnel du réseau de la santé ne soit pas pénalisé, alors que l’ensemble des organisations syndicales lui demandent de le faire depuis des mois », a ajouté Mme Bouchard.