(Québec) Le Parti québécois (PQ) dénonce que le Québec a « exploité des gens » en les envoyant « prendre soin de nos plus vulnérables » dans les CHSLD, alors que La Presse révélait mardi que des migrants ont été employés illégalement pour faire le ménage dans des CHSLD, payés au noir à une fraction de la rémunération qu’ils auraient dû recevoir.

Hugo Pilon-Larose Hugo Pilon-Larose
La Presse

Le député péquiste Harold LeBel y voit là l’illustration concrète qui justifie la demande de son parti : que Québec instaure une commission d’enquête indépendante sur sa gestion de la pandémie dans les CHSLD.

« À l’évidence, on voit qu’il y a quelque chose qui n’a pas marché. On a exploité du monde, on les a envoyés dans les CHSLD parce qu’ils étaient des demandeurs d’asile ou qu’ils étaient en besoin », a-t-il dit mardi en cette journée de rentrée parlementaire à Québec.

« Je n’en reviens juste pas. Comment ça se fait, quand on voit ça, qu’on ne peut pas comprendre que ça nous prend une vraie commission d’enquête ? », a-t-il ajouté.

Les autorités réglementaires ont ouvert une enquête sur l’embauche de travailleurs au noir, dont de nombreux migrants, qui ont travaillé pour différentes entreprises afin de faire le ménage dans des CHSLD pendant la pandémie. Ces entreprises ont fourni des services à différents CHSLD publics, dont certains relevant du CIUSSS de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal.

Le Parti québécois déposera mardi à la période des questions une motion sans préavis demandant au gouvernement que « l’Assemblée nationale rappelle que la pandémie de la COVID-19 a jusqu’ici causé 5780 décès au Québec, dont 3938 personnes aînées dans les Centre d’hébergement et de soin de longue durée (CHSLD) [et] qu’elle demande au gouvernement du Québec de mettre en place immédiatement une véritable commission d’enquête indépendante, avec tous les pouvoirs prévus à la Loi sur les commissions d’enquête, sur la gestion de la pandémie dans les CHSLD. »

Pour que cette motion passe au vote, selon les règles parlementaires, elle devra recevoir l’assentiment de tous les partis représentés au Salon bleu. Le Parti libéral a déjà indiqué mardi qu’il était favorable à une telle demande.