Estimant que les personnes âgées se butent à de nombreux problèmes depuis des années au Québec, mais que les institutions ne se sont pas adaptées pour répondre à leurs besoins, l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) recommande la mise en place d’une Direction de protection des aînés. Dans une analyse publiée mercredi matin, l’organisme propose aussi la création d’un « guichet unique » vers lequel les aînés pourraient se tourner pour résoudre facilement plusieurs de leurs problèmes.

Ariane Lacoursière Ariane Lacoursière
La Presse

Chercheuse à l’IRIS, Eve-Lyne Couturier a analysé la situation des personnes de 65 ans et plus au Québec avant que n’éclate la crise de la COVID-19. Elle s’est notamment intéressée aux questions de santé, de finances personnelles, de technologie et de logement. Selon Mme Couturier, les aînés « rencontrent plusieurs défis dans leur vie quotidienne », et les « institutions pour y répondre sont mésadaptées à leur réalité ».

Mme Couturier cite en exemple les aînés qui veulent obtenir des soins à domicile, mais qui ne savent à quelle porte frapper ou qui doivent attendre très longtemps avant que les services ne se mettent en place.

Alors que le Québec comptait 19,3 % de personnes de 65 ans et plus en 2019, cette proportion atteindra 28 % en 2066. « La société québécoise doit repenser la façon dont elle traite les personnes aînées dans toutes les sphères de leur vie », estime l’IRIS.

Selon l’analyse de Mme Couturier, la création d’une Direction de protection des aînés (DPA) permettrait de « veiller au bien-être des personnes âgées en récoltant des données, en menant des enquêtes et en forçant le gouvernement à agir ». Mme Couturier reconnaît que la DPJ a fait l’objet de critique ces derniers mois. « Mais on reconnaît la pertinence de l’existence de ce genre d’institution », dit-elle. Pour Mme Couturier, le Québec « a besoin de créer de nouvelles institutions pour répondre aux changements démographiques ».

Quant au guichet unique, Mme Couturier estime qu’il serait pertinent de créer une ligne téléphonique où les personnes âgées pourraient parler de vive voix à quelqu’un qui les guiderait dans la résolution de leurs problèmes. « J’ai été évincé de mon logement, que dois-je faire ? On a volé mon identité, que dois-je faire ? On pourrait répondre à plusieurs situations », illustre Mme Couturier. Celle-ci reconnaît que certaines initiatives semblables existent à certains endroits au Québec. Mais aucune ne répond à l’ensemble des besoins des personnes âgées. « On ne veut pas que les personnes âgées se demandent si elles entrent dans la petite boîte. Elles doivent juste pouvoir appeler et obtenir de l’aide pour leurs besoins », affirme Mme Couturier.