Une panne des systèmes informatiques a perturbé le cours normal des choses au Centre universitaire de santé McGill (CUSM) pendant plus de sept heures, hier. Tous les rendez-vous cliniques de la journée ont été annulés, le public a été avisé d’éviter les urgences et les ambulances ont dû être détournées vers d’autres hôpitaux.

Marie-Eve Morasse Marie-Eve Morasse
La Presse

Vers 11 h 30 hier, une panne a touché simultanément tous les sites du CUSM, ce qui inclut, en plus du site Glen, l’Hôpital général de Montréal, l’Hôpital de Lachine et l’Institut neurologique.

« Tous les systèmes ont été affectés : autant l’urgence que le bloc opératoire et la radiologie, en laboratoire et en pharmacie », a déclaré en point de presse la Dre Ewa Sidorowicz, directrice des services professionnels du CUSM.

C’est la première fois qu’une panne d’une telle ampleur paralyse l’hôpital, a-t-elle précisé. « Les systèmes ne répondaient tout simplement pas. »

PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE

La directrice des services professionnels du CUSM, la Dre Ewa Sidorowicz, s’est adressée aux médias hier après-midi.

En conséquence, des interventions chirurgicales ont été annulées, des traitements ont été reportés. « On ne voulait pas mettre en péril des patients », poursuit la Dre Ewa Sidorowicz, qui ne pouvait préciser hier combien d’entre eux avaient été touchés. Elle assure toutefois que la sécurité des patients hospitalisés n’a jamais été compromise.

Sur place, hier après-midi, des patients se considéraient comme « chanceux » d’avoir eu leur rendez-vous. En attente d’une opération depuis quelques mois, Peter Berlemis était venu à l’hôpital pour savoir où en était rendu son dossier. La panne, semble-t-il, a compliqué les choses. « Je n’ai pas eu ma réponse », a-t-il dit à La Presse en quittant les lieux.

Jusqu’en début de soirée, les ambulances ont été détournées vers d’autres hôpitaux de la métropole. Seuls les patients jugés trop instables pour être conduits plus loin ont été admis.

L’origine de la panne inconnue

Le Centre universitaire de santé McGill ne sait pas ce qui a causé la panne. Il ne s’agirait pas d’une attaque informatique. Le CUSM assure que la redondance des systèmes est assurée et promet d’enquêter pour savoir ce qui n’a pas fonctionné.

« La situation va être disséquée comme elle l’est chaque fois qu’on a un événement comme ça. Il y a toute une équipe qui se mobilise pour faire l’analyse de ce qui s’est passé et pour savoir ce qu’on peut faire pour éviter la situation une prochaine fois », a dit la Dre Ewa Sidorowicz.

Spécialisé en sécurité de l’information, Steve Waterhouse croit qu’un système de redondance efficace aurait dû prendre le relais du premier en « cinq secondes » plutôt qu’en plusieurs heures.

En 2019, si les systèmes sont essentiels – et là, on parle de la vie des gens –, il devrait y avoir une redondance et une vérification qu’elle fonctionne. Ça démontre une absence de sérieux et une mauvaise gestion du risque.

Steve Waterhouse, spécialiste en sécurité de l’information et chargé de cours à l’Université de Sherbrooke

Il estime que les systèmes informatiques des hôpitaux devraient être infaillibles. « Souvent, les gestionnaires sont mal outillés et mal éduqués pour gérer ce risque. En informatique, tant qu’il n’y a pas d’accident, on se dit qu’on verra si ça arrive. C’est là que ça fait le plus mal et encore une fois, c’est la population qui écope », dit Steve Waterhouse.

Le 25 juin 2018, l’hôpital avait également dû annuler tous les rendez-vous en raison d’une panne électrique qui avait duré un peu moins d’une heure. Hydro-Québec avait plus tard confirmé que le bris d’équipement avait été causé par un écureuil qui s’était électrocuté dans une de ses installations.