Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, demande au gouvernement de reporter après l'élection la signature de l'entente conclue avec les médecins spécialistes pour que «les Québécois décident si on l'entérine» ou non, un souhait que partage entièrement le chef péquiste Jean-François Lisée.

Hugo Pilon-Larose LA PRESSE

«Je demande à Philippe Couillard de ne pas signer l'entente de principe avec les médecins spécialistes (...). Les Québécois ont le droit de lire [l'entente] et de décider si on l'entérine ou non. Le gouvernement libéral n'a pas le droit d'engager l'État, et donc les Québécois, à verser des milliards de dollars injustifiés», a affirmé le chef caquiste en mêlée de presse, mardi. 

«C'est rare, mais je suis d'accord avec lui», a soutenu quelques minutes plus tard le chef péquiste, Jean-François Lisée. 

«On a demandé à ce que l'entente ne soit pas signée, entérinée et surtout pas appliquée. Donc oui, je joins ma voix à celle de M. Legault pour dire au gouvernement de ne pas signer l'entente et de laisser le prochain gouvernement décider de ce qui va se passer pour l'avenir», a-t-il affirmé.

Au gouvernement, la réponse est sans équivoque: c'est non. 

«[François Legault] veut faire en sorte qu'il y ait un climat de conflit persistant entre le gouvernement et les médecins jusqu'à l'élection, alors que nous, on vient de régler [la question] de façon intéressante pour la population en termes de service. Il ne veut pas voir ça non plus», a affirmé le premier ministre Philippe Couillard. 

L'opposition s'attend à de l'ouverture chez les médecins

Les deux chefs d'opposition estiment pouvoir renégocier avec les médecins spécialistes une nouvelle entente portant entre autres sur les hausses de 11,2% prévues pour la période 2015-2023. 

«Je suis convaincu que je suis capable de convaincre les médecins spécialistes de renégocier cette entente pour que ça soit un montant raisonnable», a affirmé François Legault, ajoutant qu'il était trop tôt pour affirmer si le recours à une loi spéciale, advenant un échec des négociations, était envisageable. 

«Je fais le pari que le nombre de médecins qui sont contre ces ententes ou [qui] se rendent compte que (...) ça nuit à leur réputation augmente quotidiennement. Après l'élection, nous aurons le mandat de rouvrir l'entente, on va avoir des interlocuteurs valables devant nous», a pour sa part dit Jean-François Lisée.

Du côté de Québec solidaire, on considère qu'il faut «ouvrir les ententes» et «prendre les moyens pour que l'argent du public serve le bien public», a dit le co-porte-parole du parti, Gabriel Nadeau-Dubois. 

«Si ça prend une loi spéciale pour ça, bien sûr qu'on va l'appuyer», a-t-il conclu.

- Avec Martin Croteau