Alors que les négociations sur la question des nouveaux actes que les pharmaciens seront autorisés à faire progressaient, à Québec, le gouvernement a soudainement mis fin aux pourparlers, mardi. Une situation qui irrite au plus haut point l'Association québécoise des pharmaciens propriétaires (AQPP), qui estime que «la farce a assez duré».

Mis à jour le 13 mars 2014
Ariane Lacoursière LA PRESSE

«Les problèmes d'accès en santé, on les connaît. On a une solution toute prête qui ne coûterait que 27 millions au gouvernement. Mais rien ne bouge. Il y a un réel problème de volonté politique», dénonce le président de l'AQPP, Jean Thiffault.

Depuis des mois, l'AQPP tente de s'entendre avec Québec sur la question de l'assurabilité de sept nouveaux services en pharmacie encadrés par la loi 41. En août 2013, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Réjean Hébert, assurait trois des sept nouveaux services, mais uniquement pour les Québécois couverts par le régime d'assurance médicaments du Québec (RAMQ), ce qui représente environ 40% de la population. Les discussions avec les pharmaciens ont ensuite achoppé. Québec et l'AQPP ne s'entendant pas sur des questions de facturation liées à des tests effectués en pharmacie.

Les négociations ont finalement repris en février. «Et on avançait bien. On s'était même entendus pour poursuivre les discussions durant les élections. Mais là, Québec vient de tout mettre sur la glace. On ne comprend pas», affirme M. Thiffault. Selon lui, il est temps que les 1800 pharmacies de la province puissent offrir de nouveaux services à la population. L'AQPP presse aujourd'hui les différents partis de s'engager à appliquer la loi 41 s'ils sont élus.

En fin d'après-midi, le ministère de la Santé a indiqué qu'il n'avait pas «rompu», mais bien «reporté» les pourparlers avec les pharmaciens. «Les discussions vont bon train et reprendront très rapidement après la campagne électorale», a assuré le Ministère.