Pour s'attaquer aux pénuries de médicaments, les gouvernements fédéral et provinciaux doivent revoir la logique du plus bas prix, affirme l'Institut économique de Montréal dans une note rendue publique jeudi matin.

Daphné Cameron LA PRESSE

> En savoir plus: la note de l'IEDM sur la pénurie de médicaments (PDF)

Depuis la pénurie de médicaments injectables générée par des problèmes de production à l'usine Sandoz à Boucherville, l'hiver dernier, de nombreuses solutions ont été proposées pour tenter d'éviter de telles crises. Cette pénurie avait notamment mis en lumière la vulnérabilité des hôpitaux qui dépendaient d'un seul fournisseur pour plusieurs médicaments essentiels en soins intensifs et dans les salles d'opération.

À l'instar des États-Unis, les ruptures de médicaments augmentent de façon exponentielle au Québec. Quelque 680 médicaments ont fait l'objet d'une pénurie au Québec en 2009, contre 442 en 2008 et 400 en 2007, rapporte l'Unité de recherche en pratiques pharmaceutiques.

En mars dernier, la Chambre des communes a adopté à l'unanimité une motion voulant que le gouvernement exige des fabricants de médicaments qu'ils rapportent rapidement à Santé Canada et aux provinces toute perturbation ou interruption prévue de production. Le Comité sur les ruptures d'approvisionnement en médicaments (formé par l'Ordre des pharmaciens du Québec, le Collège des médecins, l'Association québécoise des pharmaciens propriétaires et l'Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec) a aussi déposé, au printemps, neuf recommandations pour contrer le problème des pénuries.

Une voix de plus vient de s'ajouter au débat. L'Institut économique de Montréal propose une nouvelle solution: assouplir les règles de plafonnement du prix des médicaments. «La réglementation des prix a comme conséquence de décourager les investissements pharmaceutiques et l'entrée sur le marché de nouveaux médicaments», peut-on lire dans le rapport rédigé par l'économiste Yanick Labrie.

Le rapport suggère aussi à Santé Canada d'accélérer son processus d'homologation des nouveaux médicaments.

Il souligne par ailleurs le danger de dépendre d'un seul fournisseur. «Bien que la stratégie d'approvisionnement auprès d'un fournisseur unique permette à court terme de réaliser des économies, elle comporte des risques élevés d'entraîner des pénuries, en poussant de nombreux fournisseurs potentiels à quitter le marché», écrit l'auteur.