Le Québec ne doit pas se préparer au vieillissement de la population en considérant le phénomène comme un fardeau qui incombera au système de santé, mais plutôt comme un enjeu social. Au moment où le gouvernement du Québec termine de rédiger sa politique sur le vieillissement, l'Association québécoise d'établissements de santé et de services sociaux (AQESSS) lui demande d'y inclure des mesures qui exigeraient la participation du secteur privé, des municipalités, des organismes communautaires et des sociétés de transport.

Daphné Cameron LA PRESSE

«La santé et les services sociaux ne s'en sortiront pas seuls», a déclaré hier Lise Denis, directrice générale de l'AQESSS, qui se fait la porte-parole de la direction de 129 établissements de santé au Québec.

«Si les services aux aînés, le logement, le transport ne sont pas adaptés, si l'aménagement est mauvais, et même si les trottoirs ne sont pas déneigés, on sera difficilement capables de faire face au choc qui nous attend. Oui, en santé et en services sociaux, il y a des choses que l'on doit faire, mais c'est toujours un peu le ministère des conséquences. Il faut donc commencer à se préparer plus tôt et commencer à investir dans la prévention.»

Une personne sur cinq aura 65 ans ou plus en 2021 et une personne sur quatre en 2031, selon des projections de l'Institut de la statistique du Québec.

Pour faire face au vieillissement de la population, le gouvernement déposera en mars une politique sur les aînés qui porte le nom de travail «Vieillir chez soi». Mais pour augmenter l'autonomie des personnes âgées, le gouvernement doit aussi favoriser les soins à domicile et soutenir les proches aidants, croit l'AQESSS.

Une approche partagée par la ministre des Aînés, Marguerite Blais, qui copréside le groupe de travail sur la politique avec la ministre des Services sociaux, Dominique Vien. «Ce n'est pas une politique de maintien à domicile, mais plutôt un combat contre l'âgisme, a précisé Mme Blais. Mais il est clair que ça coûte moins cher à l'État et ça rend les aînés plus heureux de les garder à domicile que dans les hôpitaux et les CHSLD.»

L'AQESSS a fait part de ses demandes au gouvernement. Mme Blais se dit très ouverte à ses propositions, même si elle ne peut pas encore se prononcer sur le contenu de la politique.

«La société ne s'est pas préparée au phénomène du vieillissement et il faut arrêter de voir cela comme uniquement un fardeau, il faut le voir comme une occasion d'agir, dit Mme Denis. Du côté des ministères, il y a beaucoup de choses qui se font, mais il ne faut pas rester chacun dans son silo.»