Financement de la santé: le Danemark, l'exemple à suivre

Scène quotidienne dans un hôpital de Charlottenlund au Danemark.... (Photo Bloomberg News)

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Scène quotidienne dans un hôpital de Charlottenlund au Danemark.

Photo Bloomberg News

Accès immédiat à un médecin de famille. Surplus d'infirmières. Garantie d'un traitement en moins d'un mois... Le système de santé du Danemark fait la fierté de ses citoyens. Le ministre de la Santé danois, Poul Erik Hansen, sera de passage à Montréal aujourd'hui dans le cadre de la conférence La santé, notre affaire à tous. Alors que le Québec connaît une pénurie d'infirmières, un engorgement chronique des urgences et un accès limité aux médecins de famille, M. Hansen expliquera comment son pays parvient à offrir des soins si efficaces.

Dans une entrevue accordée à La Presse lundi, M. Hansen a décortiqué le fonctionnement du système de santé danois. La principale différence? Les établissements de santé y sont gérés par cinq «régions», plutôt que par 18 agences et 95 centres de la santé et des services sociaux (CSSS) ici au Québec.

Le budget annuel du ministère de la Santé du Danemark, qui dessert 5,6 millions d'habitants, est de 20 milliards de dollars canadiens. Au Québec, où on compte 7,9 millions d'habitants, le budget annuel est de 28,1 milliards de dollars. L'argent récolté par le Danemark pour financer le réseau de la santé provient principalement des taxes et des impôts. Un citoyen moyen paie 50% de taxes diverses dans ce pays.

Différentes mesures ont permis au fil des ans au système de santé danois de conserver sa qualité, selon M. Hansen. En 2002, le gouvernement a instauré le financement basé sur le volume d'activité. «Plus un hôpital traite de patients, plus il reçoit d'argent», résume le ministre. En 2007, le gouvernement a aussi obligé les 98 municipalités de son territoire à payer une portion des frais de santé de leur région. «Les municipalités paient ensemble 10% de la facture de leur région», explique M. Hansen.

Ces deux changements ont été généralement bien accueillis, selon M. Hansen. «Mais pour que ça fonctionne, on a dû mettre en place un réseau d'information détaillé, dit-il. Tous les jours, les hôpitaux peuvent savoir quel est leur volume d'activité et celui des autres établissements. On présente aussi à tout le monde le prix de chacun des actes effectués à l'hôpital.»

Attente moins longue aux urgences

Depuis plus de cinq ans, le gouvernement danois a aussi instauré une «garantie de traitement en un mois» pour tous les citoyens. «Si vous n'êtes pas traité en un mois, vous pouvez aller vous faire soigner dans un établissement privé ou dans un autre pays et votre région devra payer la facture», explique M. Hansen.

Malgré cette possibilité, 98% des Danois préfèrent se faire soigner dans le secteur public. Preuve, selon M. Hansen, que le réseau est efficace et de qualité. «Des gens préfèrent attendre un peu plus longtemps pour se faire soigner dans l'hôpital public de leur choix. C'est pour ça que notre temps d'attente moyen pour un acte est de 60 jours», note-t-il.

Quand on lui demande quelle est la durée moyenne de l'attente au service des urgences de son pays, M. Hanse s'exclame: «Elle est longue!» Selon les périodes de l'année, elle varie de moins de 1 heure à 12 heures, selon M. Hansen. Au Québec, l'attente moyenne a été de 17h36 l'an dernier.

Contrairement au Québec, où l'accès à un médecin de famille est difficile et où la pénurie d'infirmières cause bien des maux de tête, le Danemark n'éprouve pas ces problèmes. «On a même un peu trop d'infirmières en ce moment», note M. Hansen. Selon le ministre, les Danois «sont fiers de leur réseau de la santé». «Ils apprécient l'accès gratuit et universel aux soins, dit-il. Et, oui, je pense qu'ils trouvent qu'ils en ont pour leur argent.».




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