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Un prisonnier privé de médicaments risque l'amputation

Julio Portillo au moment de comparaître devant la... (Photo: André Tremblay, La Presse)

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Julio Portillo au moment de comparaître devant la Commission de l'immigration et du statut de réfugié (CISR).

Photo: André Tremblay, La Presse

Isabelle Hachey

Un homme diabétique risque d'être amputé au pied après s'être vu refuser ses médicaments pendant deux mois à la prison de Bordeaux.

Julio Portillo n'est pas un enfant de choeur. Le Salvadorien, qui habite au Canada depuis 20 ans, est détenu depuis le 26 novembre en attendant d'être renvoyé dans son pays d'origine. Son statut de résident permanent lui a été retiré en raison de ses nombreuses frasques criminelles.

 

Le 26 novembre, M. Portillo a été arrêté par la police après avoir menacé un homme avec un bâton de baseball. Il a été incarcéré à la prison de Rivière-des-Prairies parce que le ministère de l'Immigration craignait qu'il ne disparaisse dans la nature avant son expulsion. Il a ensuite été transféré à la prison de Bordeaux en raison de la surpopulation à Rivière-des-Prairies.

À Bordeaux, pendant deux mois, M. Portillo a exigé des médicaments contre le diabète. Peine perdue. «On lui répondait toujours: plus tard, demain», affirme son avocat, Stéphane Handfield.

De plus en plus mal en point, M. Portillo a été transféré, le 27 mars, à l'hôpital du Sacré-Coeur. Son pied gauche s'était atrophié. Son dossier médical fait état d'un «diabète mal contrôlé».

Les diabétiques peuvent souffrir de troubles nerveux ou d'ischémie, un problème touchant l'alimentation sanguine des pieds. Ces maladies risquent de causer des ulcères qui, lorsqu'ils sont infectés, peuvent entraîner l'amputation. Un million de diabétiques sont ainsi amputés chaque année dans le monde.

Le ministère de la Sécurité publique a refusé de commenter l'affaire.

M. Portillo a subi une opération au pied et a obtenu son congé de l'hôpital, le 9 avril. Toutefois, il n'est pas retourné à la prison de Bordeaux. Le ministère de l'immigration a préféré le transférer au Centre de prévention de l'Immigration (CPI) de Laval, afin de lui assurer un meilleur suivi médical.

Des versions différentes

«Selon son médecin au CPI, sa guérison va très bien. Il prend huit médicaments par jour et il a une diète pour diabétique. Son plateau est préparé par le chef cuisinier lui-même. Une infirmière change son pansement chaque jour et il est en observation aux 30 minutes», a expliqué une avocate du ministère de l'Immigration, Sonia Parsakhian.

La version de Me Handfield est passablement différente. Selon lui, M. Portillo ne va pas bien du tout. «Son médecin traitant ne fonde pas beaucoup d'espoirs sur la sauvegarde de son pied. Au contraire, une amputation est de plus en plus envisagée.» Un chirurgien esthétique tentera d'abord de lui faire une greffe de peau. Si l'opération échoue, dit l'avocat, il faudra procéder à l'amputation.

Me Handfield a plaidé en vain devant la Commission de l'immigration et du statut de réfugié (CISR), jeudi, pour que son client soit remis en liberté jusqu'à son expulsion. «Il est en fauteuil roulant, il ne peut pas marcher et il sera probablement amputé dans les prochaines semaines. Quel danger peut-il constituer pour la société?»

L'avocat a fait valoir qu'un magistrat de la cour criminelle avait jugé que M. Portillo ne constituait pas un danger pour le public, puisqu'il l'avait mis en liberté en attente de son procès. L'homme est accusé d'avoir tenté de faire passer des immigrants illégaux aux États-Unis. En 2005, il a aussi été reconnu coupable d'agression armée, de séquestration et de menace de mort.

Depuis, M. Portillo a changé, a dit Me Handfield. Il s'est repris en main et a cessé de boire. «Compte tenu de l'épreuve qu'il est en train de subir, il a le droit de vivre auprès des siens, ailleurs que dans un centre de détention.»

Rien pour émouvoir le commissaire Louis Dubé, qui a jugé que le risque de fuite de M. Portillo était encore très important. Rappelant au Salvadorien qu'il avait maintes fois enfreint ses conditions, le commissaire lui a expliqué qu'il ne serait «pas raisonnable» de le mettre en liberté, «et pas plus raisonnable depuis (qu'il est) en chaise roulante».

 




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