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Les superinfirmières ont été abandonnées

Gyslaine Desrosiers, présidente de l'Ordre des infirmières et... (Photo André Pichette, La Presse)

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Gyslaine Desrosiers, présidente de l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec, presse le gouvernement d'accélérer la mise en place d'infirmières praticiennes spécialisées dans le réseau de la santé.

Photo André Pichette, La Presse

L'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) presse le gouvernement d'accélérer la mise en place d'infirmières praticiennes spécialisées dans le réseau de la santé. Alors que la loi permet depuis sept ans l'embauche de superinfirmières, seulement 37 des 70 000 infirmières québécoises sont aujourd'hui spécialisées.

«C'en est gênant! commente la présidente de l'OIIQ, Gyslaine Desrosiers. Je ne veux pas que le projet d'infirmières praticiennes spécialisées meure dans l'oeuf.»

 

Après avoir suivi une formation universitaire équivalant à une maîtrise allongée, les superinfirmières peuvent entre autres prescrire des médicaments et poser des diagnostics simples. «Elles devaient aider à régler les problèmes d'accès aux soins de première ligne au Québec», rappelle Mme Desrosiers.

Mais seulement deux superinfirmières travaillent en soins de première ligne. Les 35 autres oeuvrent en néphrologie, en néonatalogie et en cardiologie.

Pourquoi si peu d'infirmières se sont-elles spécialisées? «C'est que le ministère de la Santé n'annonce pas ses besoins, affirme Mme Desrosiers. Aucun plan d'effectifs n'a été dressé. Personne ne veut s'engager dans une formation poussée sans savoir si elle aura un travail au bout du compte.»

Le cabinet du ministre de la Santé, Yves Bolduc, réplique que les agences de santé du Québec ont récemment été invitées à déterminer leurs besoins en superinfirmières. Par exemple, Montréal a demandé huit infirmières praticiennes spécialisées. La Mauricie en a réclamé 12 et le Saguenay aucune. Au total, les besoins sont estimés à 114 superinfirmières. «Ça correspond aux besoins des agences», dit l'attachée de presse du ministre Bolduc, Marie-Ève Bédard.

«Quand on sait que 1,5 million de Québécois n'ont pas accès à des médecins de famille, ça m'étonnerait que la province n'ait pas besoin de plus d'infirmières praticiennes que ça», commente Mme Desrosiers. Selon elle, les agences ont limité leur demande en superinfirmières car elles craignaient de manquer d'argent. Une superinfirmière gagne entre 47 000$ et 86 000$ par année.

Mme Desrosiers estime que le gouvernement devrait accorder des budgets afin de favoriser l'embauche de superinfirmières. «Tu ne peux pas introduire un nouveau joueur dans le système de santé sans mettre l'énergie et l'argent», dit-elle.

Pendant que les superinfirmières s'installent timidement au Québec, l'Ontario en compte déjà plus de 800. «Les preuves voulant que ces infirmières facilitent l'accès aux soins ont été faites, dit Mme Desrosiers. Le gouvernement (du Québec) doit dire si les infirmières praticiennes sont dans ses plans, oui ou non.»

«Le ministre est favorable aux infirmières praticiennes. La preuve, il a récemment annoncé qu'il en autorisera en prévention des infections et en santé mentale. Il faut donner le temps à l'intégration de ces nouvelles infirmières», dit Mme Bédard.

 




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