Des propriétaires de résidences de tourisme de Montréal ont condamné, ce lundi soir, lors du conseil d'arrondissement du Plateau-Mont-Royal, «l'immobilisme de l'administration du maire Gérald Tremblay», alors qu'ils essaient de faire annuler depuis octobre les surtaxes dont ils ont fait l'objet.

Éric Clément LA PRESSE

L'Association des résidences de tourisme du Québec (ARTQ) estime que l'administration «outrepasse son pouvoir de taxation» en s'en prenant à de petits propriétaires offrant en location à des touristes des appartements meublés dans des quartiers résidentiels.

Sans avertissement, une trentaine de ces propriétaires se sont vus taxés, en octobre, pour les années 2007 et 2008. Une dizaine d'entre eux ont dû cesser cette activité à cause de l'ampleur de la taxe.

Outrés, ils ont fait appel à l'ombudsman de Montréal qui a ouvert une enquête «sur la légèreté avec laquelle l'administration Tremblay traite ses citoyens», a dit au conseil un membre de l'ARTQ, André Amzallag, qui a reçu une taxe de 5000 $ pour l'appartement qu'il a loué en 2007 et 2008.

«Ce que vous nous dites ce soir, c'est qu'on devrait travailler au noir», a ajouté Sandrine Rhodius, autre membre de l'ARTQ qui a dû cesser la location de trois appartements meublés dans sa maison historique du centre-ville après avoir reçu un compte de taxes de 18 000$.

Ces propriétaires estiment qu'il y a un «drôle de hasard» entre le fait que l'administration municipale ait envoyé ces comptes de taxes alors que l'industrie hôtelière offre de plus en plus des appartements, en plus des chambres d'hôtel.

La mairesse de l'arrondissement, Helen Fotopulos, membre de l'administration Tremblay et du comité exécutif de la Ville, n'a pas pris position dans le dossier, conseillant aux demandeurs de s'adresser à la ville centre. Elle a ajouté toutefois qu'elle va en parler à Sammy Forcillo, le conseiller responsable des Finances à la Ville.

Richard Bergeron, chef de Projet Montréal et conseiller du Plateau, a dit être «choqué» et demande à la Ville de rembourser ces taxes. «Les petits gîtes touristiques renforcent le caractère convivial de Montréal tout en diversifiant l'offre d'hébergement disponible», a-t-il dit. Projet Montréal propose de maintenir l'exception dont bénéficiaient les petits gîtes touristiques depuis des années, à condition notamment que le gîte soit accrédité par le ministère du Tourisme.

«Nous sommes en train de réviser le dossier, avait dit lundi après-midi à La Presse Martin Tremblay, responsable de la planification au cabinet du maire Gérald Tremblay. Tous les édifices touristiques sont taxés, les hôtels comme les gîtes, donc il y a un souci d'équité mais on doit aussi appliquer la loi sur la fiscalité foncière.» Par ailleurs, le Plateau a annoncé, lundi soir, avoir changé le dosage des abrasifs répandus sur les trottoirs de l'arrondissement afin qu'ils soient moins glissants. La proportion de sel est passée de 10% à 50%. «C'est un peu moins écologique et un peu plus dispendieux, mais, à des températures au-dessus de -20 degrés, c'est évidemment plus efficace», a dit Mme Fotopulos.

Par ailleurs, l'arrondissement a annoncé l'achat d'un véhicule électrique à basse vitesse de marque Zenn pour un peu plus de 20 000$. Il sera utilisé en toute saison par la Direction de l'aménagement urbain. Zenn signifie Zero Émission No Noise (aucune émission de gaz à effet de serre, aucun bruit).