(Montréal) Une nouvelle barricade ferroviaire a été érigée en avant-midi sur une voie ferrée de Sherbrooke, dans le secteur Lennoxville.

Pierre Saint-Arnaud
La Presse canadienne

Une vingtaine de manifestants cagoulés se sont installés pour bloquer la voie ferrée, forçant un convoi de marchandises à s’immobiliser.

Ces manifestants ont déployé des banderoles clamant leur soutien au groupe de chefs traditionnels wet’suwet’en qui s’opposent au passage d’un oléoduc sur leurs terres en Colombie-Britannique. Les manifestants ont toutefois refusé de parler aux journalistes.

Les policiers de Sherbrooke ont été dépêchés sur place et ont érigé un périmètre de sécurité.

Pendant ce temps, la situation n’a guère évolué sur les territoires mohawks de Kahnawake, sur la Rive-Sud (Montréal) et de Kanesatake à Oka.

Dans ce dernier cas, la barricade demeure en place sur la route 344, mais les Mohawks laissent passer la plupart des véhicules. Des parents ont toutefois dû aller reconduire leurs enfants à l’école mardi matin, le transport scolaire étant perturbé, du moins partiellement.

À Kahnawake, pendant ce temps, c’est le statu quo, de sorte que le service de trains de banlieue est demeuré paralysé entre Candiac et Montréal. Depuis le 10 février, les clients doivent se rabattre sur un service de navettes par autobus.

Des manifestants autochtones maintiennent une barricade sur la voie ferrée du Canadien Pacifique qui passe sur le territoire de la réserve mohawk. Le Canadien Pacifique (CP), qui avait jusqu’ici résisté à demander une injonction pour forcer la levée de la barricade, a toutefois changé son fusil d’épaule et obtenu une telle injonction mardi avant-midi.

Le premier ministre du Québec, François Legault, a déclaré de son côté que les barricades devaient être levées maintenant, l’économie québécoise ayant déjà trop souffert du manque d’approvisionnement de certains produits et de pertes d’emplois. M. Legault s’est toutefois montré extrêmement prudent face à la nature d’une éventuelle intervention, notant que cette barricade, contrairement à celle démantelée le week-end dernier à Saint-Lambert, se trouve sur un territoire mohawk. Le premier ministre a rappelé que les Peacekeepers œuvrent sur ce territoire, que certains Mohawks sont armés et que la Sûreté du Québec devra agir « correctement, en temps et lieu, avec la bonne stratégie ».

Ironiquement, le conseil de bande de Kahnawake avait pris la peine lundi soir de remercier le Canadien Pacifique pour avoir évité d’emprunter cette voie. Dans un communiqué, le grand chef Joe Norton affirmait avoir rencontré des représentants du CP et que ceux-ci « sont conscients qu’une injonction causerait davantage de problèmes qu’elle n’en résoudrait ». Le chef Norton saluait du même coup l’approche du gouvernement du Québec d’avoir agi « de manière patiente et prudente », ajoutant que « le Canada doit faire de même ».

Une autre barricade demeure bien en place à Listuguj, en Gaspésie, où la voie appartenant à la Société du chemin de fer de la Gaspésie (SCFG) demeure bloquée par des manifestants mi’gmaqs, là aussi depuis le 10 février.

Des convois de marchandises sont ainsi immobilisés sur le réseau ferroviaire gaspésien qui a dû mettre temporairement à pied une quinzaine d’employés la semaine dernière.