Des rails usés et endommagés ont été changés et d’autres sont en train d’être réparés à Lac-Mégantic, depuis que la Coalition des citoyens et organismes engagés pour la sécurité ferroviaire a fait une sortie publique la semaine dernière pour dénoncer l’état de la voie ferrée.

Stéphanie Marin
La Presse canadienne

Le 6 juillet dernier, la date anniversaire de la tragédie ferroviaire survenue en 2013, lors de laquelle 47 personnes ont perdu la vie, la Coalition a exigé une inspection immédiate des rails.

Une voie de contournement doit être construite d’ici 2023 pour éviter que les trains ne traversent Lac-Mégantic, mais l’état actuel de la voie ferrée ne permettait pas d’attendre si longtemps, jugeait la Coalition.

Les rails sont usés à la corde, disait alors Robert Bellefleur, le porte-parole de la Coalition.

Une mise en demeure avait été envoyée à Transports Canada et au ministre des Transports, Marc Garneau.

Mais dès le lendemain, le 7 juillet, des travailleurs de CP ont changé des traverses de bois et posé des rails neufs, dont sur une portion particulièrement problématique derrière la polyvalente Montignac de Lac-Mégantic, a indiqué M. Bellefleur. La machinerie lourde était sur place.

« Des réparations majeures », dit-il.

Il dit avoir rencontré l’inspecteur en chef du CP et lui avoir signalé les tronçons les plus abîmés. Ce dernier a pris son calepin, noté, et réparé. « Ils ont changé les rails les plus problématiques », se réjouit-il.

Vendredi matin, M. Bellefleur est allé inspecter de nouveau la voie ferrée qui traverse Lac-Mégantic et d’autres travaux étaient en cours, a-t-il rapporté.

Il a apprécié l’intervention prompte de l’entreprise ferroviaire CP, propriétaire des rails, et se réjouit de voir que la conférence de presse et la sortie publique de la Coalition ont donné des résultats.

« Je me sens quand même rassuré que le CP n’ait pas la même attitude que la Central Maine & Quebec Railway (le précédent propriétaire) et aient de bons niveaux d’entretien ».

Mais il dit avoir toutefois quelques bémols.

D’abord, tous les rails ne sont pas réparés : il y a encore du travail à faire pour que ce soit sécuritaire, dit-il.

Et puis, il s’inquiète que les travaux ne soient faits que pour permettre aux trains de rouler plus rapidement dans leur petite municipalité de l’Estrie — comme dans les autres — augmentant alors le risque de déraillement pour d’autres raisons.

Les travaux effectués ont le potentiel de faire passer la qualité des rails du niveau 1 (la moins bonne qualité, comme étaient ceux de Lac-Mégantic jusqu’à maintenant), à un niveau 3, explique M. Bellefleur. C’est plus sécuritaire, mais cela permet de faire passer les trains à 40 miles/heure (environ 65 km/h), dit-il.

« Il ne faut pas lâcher, car l’avenir m’inquiète », a-t-il répété en entrevue.