(Québec) Le coussin budgétaire alloué aux imprévus pour la construction du tramway a perdu des plumes au cours des derniers mois, s’inquiète le vérificateur général de la Ville de Québec. Mais le maire Régis Labeaume jure que son administration a le projet de 3,3 milliards bien en main.

Gabriel Béland Gabriel Béland
La Presse

Dans un rapport dévoilé mardi, Michel Samson constate que les sommes allouées aux risques et contingences ont fondu de 145 millions de dollars dans le budget. Ce coussin était de 626,8 millions sur 3,3 milliards en mars dernier. Il n’est plus que de 481 millions à l’heure actuelle.

Le coût total du réseau structurant de transports en commun de Québec, prévu pour 2026, lui, n’a pas changé. C’est donc dire que la part du budget dévolue aux imprévus a fondu comme neige au soleil.

« Il y a un risque qui nécessite surveillance étroite », prévient Michel Samson. « Les provisions pour risques et contingences apparaissent comme minimaux à ce stade-ci. »

Le vérificateur général peine à s’expliquer ce phénomène. « Les estimations n’ont pas gagné en fiabilité au point de justifier une telle diminution de ces ceux provisions. »

Ce coussin est important car il réduit le risque de dépassements de coûts. Michel Samson précise qu’il ne juge pas que cette réserve est trop petite, mais il insiste qu’elle ne peut baisser davantage.

« On est au minimum de la fourchette acceptable », dit-il.

« Souvenez-vous de l’amphithéâtre »

Cette vérification a été réalisée à la demande de la Ville de Québec. Le maire Régis Labeaume a dit bien accueillir les conclusions du vérificateur.

PHOTO ERICK LABBÉ, ARCHIVES LE SOLEIL

Le maire de Québec, Régis Labeaume.

Selon lui, ce niveau de réserve est suffisant. « On l’a bâti avec KPMG et les gens sur les comités du projet sont tous d’accord avec les réserves qu’on a, assure-t-il. C’est beaucoup d’argent. On est très à l’aise avec ça. »

Le maire note que les sommes réservées aux risques et contingences représentent 19 % du budget applicable. Le budget applicable représente le total (3,3 milliards), moins les sommes réservées aux risques, aux contingences et à l’inflation.

« Dans l’industrie, ça ressemble à ça normalement », avance le maire, qui rappelle que plusieurs citoyens s’inquiétaient de possibles dépassements de coûts pour l’amphithéâtre. Celui-ci avait finalement coûté moins cher que prévu.

« Il y a des risques dans tous les projets, lance-t-il. Souvenez-vous de l’amphithéâtre qu’on a changé le lieu après deux mois. »

Pour le maire, le vérificateur veut surtout que la Ville surveille de près les coûts, ce qu’elle fait selon lui. « On a 70 personnes qui travaillent à préciser les coûts », dit-il.

Le coussin du tramway a fondu selon lui car le projet s’est précisé au fil des mois, tout simplement.

Le chef de l’opposition officielle s’est quant à lui dit inquiet d’éventuels dépassements de coûts. « Le risque financier repose sur le dos des citoyens de la ville de Québec », rappelle Jean-François Gosselin.

Le gouvernement du Québec a accordé 1,8 milliard au projet de la capitale, seule ville canadienne de 500 000 personnes et plus sans réseau de transport structurant. Ottawa a accordé 1,2 milliard. La Ville paye les 300 millions restants.