(Québec) La mise en place d’un tramway à Québec va permettre d’éviter d’ici 20 ans l’émission de 60 000 tonnes de dioxyde carbone, un gaz à effet de serre important, selon une étude commandée par l’administration de Régis Labeaume.

Gabriel Béland Gabriel Béland
La Presse

« Il va y avoir un bilan positif en matière de lutte contre les changements climatiques », a assuré Laurence Goesel, directrice de projet chez AECOM, la firme qui a réalisé l’étude d’impact environnemental du réseau de transport structurant.

La construction du tramway doit générer 91 000 tonnes de CO2, en tenant compte des 3,5 km de tunnel, du transport des matériaux, du déboisement, etc.

Mais le tramway se reprend dans sa phase d’exploitation. Certains automobilistes vont délaisser leur voiture. Des navetteurs vont arrêter de prendre l’autobus à essence.

D’ici 2041, AECOM estime que l’arrivée du tramway – qui sera entièrement électrique – va permettre d’éviter l’émission de 151 000 tonnes de CO2. Il s’agit donc d’une économie d’émissions de 60  000 tonnes de CO2.

Québec doit connaître une hausse de sa population de 10 % d’ici 2036. Sans tramway, il faudrait construire 11 nouvelles voies de circulation pour loger toutes les nouvelles voitures sur les routes. Le tramway doit absorber la moitié de cette demande accrue.

« Toutes les grandes villes sont confrontées aux mêmes enjeux », estime Daniel Genest, directeur du Bureau de projet du réseau structurant de transport en commun (BPRSTC).

« La circulation augmente, la population augmente, mais on n’a pas plus d’espace public pour construire de nouvelles routes. »

Mais l’arrivée du tramway n’est pas une panacée. Les déplacements en auto vont continuer d’augmenter à Québec. La Ville prévoit qu’il y en aura 49 000 de plus chaque jour en 2041. Le système sur rail va simplement permettre de ralentir le phénomène : il y aurait eu 76 000 déplacements en voiture de plus chaque jour si la capitale avait choisi le statu quo.

Le tramway viendra donc ralentir la progression du nombre de voitures sur les routes de la capitale, mais en aucun cas le réduire.

Hausse des revenus fiscaux

L’entrée en service du réseau de transport structurant en 2026 doit aussi permettre à la Ville de Québec d’engranger des revenus supplémentaires. L’étude d’impact conclut que le système de transport en commun, qui doit coûter 3,3 milliards, va accélérer la densification de la ville et la construction immobilière.

Sur un horizon de 25 à 30 ans, Québec croit pouvoir toucher entre 245 millions et 324 millions de revenus fiscaux additionnels, qu’il n’aurait pas obtenu sans le tramway.

L’étude d’impact note par ailleurs que plusieurs arbres seront abattus pour faire place au système aérien d’alimentation électrique du tramway. Plusieurs arbres matures dans le quartier Montcalm, notamment sur le boulevard René-Lévesque, seront abattus. Mais la Ville promet de replanter un nombre supérieur d’arbres.

« Oui, il va y avoir de la coupe d’arbres, mais à terme ce sera positif parce qu’il y aura plus d’arbres plantés que coupés. La canopée sera bonifiée, assure Daniel Genest. Il y a un grand souci dans le bureau de projet de limiter la coupe d’arbres. »

La construction du tramway doit commencer en 2022. L’inauguration est prévue quatre ans plus tard.