Après une baisse notable du nombre de cas l’an dernier, la maladie de Lyme recommence à gagner du terrain dans une portion névralgique du Québec. Parmi les secteurs les plus touchés : Granby, Sutton, Bromont, Lac-Brome, Dunham et ses environs. Dans ces secteurs touristiques de l’Estrie, on dénombre à ce jour 84 cas déclarés, soit près du double qu’en 2018 à pareille date, selon le bilan de mi-saison du ministère de la Santé.

Sara Champagne Sara Champagne
La Presse

« On a déjà deux fois plus de cas que l’an dernier, mais il y en a certainement davantage. On a encore une trentaine de cas sous analyse dans les laboratoires. Et le pic a l’habitude de survenir entre les mois d’août, septembre, octobre et novembre. Je ne serais pas étonnée qu’on termine l’année avec 125, voire 150 cas déclarés », a expliqué à La Presse la directrice de la santé publique de l’Estrie, la Dre Mélissa Généreux.

La maladie de Lyme se contracte à la suite de la morsure d’une tique porteuse de la bactérie Borrelia burgdorferi. Plusieurs facteurs expliquent sa montée dans les dernières années, particulièrement les changements climatiques. Au Québec, l’Estrie et la Montérégie demeurent les régions les plus touchées.

Du 1er janvier au 6 août dernier, 142 cas ont été déclarés dans la province auprès de la vigie sanitaire du ministère de la Santé du Québec. Les chiffres sont semblables à ceux de 2018 à pareille date, avec 146 cas. Mais les cas déclarés ont ceci de particulier cette année qu’ils ont pour la plupart été détectés dans les municipalités régionales de comté de Brome-Missisquoi et de la Haute-Yamaska. À la Direction de santé publique de l’Estrie, on estime que les médecins sont peut-être plus à l’affût, mais il faut tenir compte d’autres facteurs, notamment l’attrait touristique de ces régions.

« Il y a un potentiel de la présence de la tique dès qu’on frôle les herbes hautes. On peut penser à certaines activités, comme la randonnée, le golf, même le vélo », précise la Dre Généreux.

Diagnostic difficile

À l’Institut national d’excellence en santé et services sociaux (INESSS), on a annoncé à la fin de juillet des outils supplémentaires à l’intention du personnel en santé pour mieux décrire les symptômes, effectuer le suivi auprès des patients, des guides d’aide au diagnostic, etc. Depuis trois ans, il est possible de recevoir un antibiotique sans ordonnance dans les pharmacies de l’Estrie. Il est efficace dans les premiers jours suivant la transmission de la bactérie par la tique.

Mais, souligne la Direction de santé publique, le meilleur moyen de se protéger contre la maladie demeure l’application d’un chasse-moustiques à base de DEET (de 20 à 30 %) ou d’icaridine (20 %). Ce n’est pas toujours simple en pleine chaleur estivale, mais on recommande de porter un chapeau, des chaussures fermées et des vêtements qui couvrent la peau.