(Québec) Le ministre des Transports a annoncé jeudi matin que le troisième lien entre Québec et Lévis prendra la forme d’un tunnel d’une dizaine de kilomètres qui raccordera à l’est les autoroutes 40 et 20 situées sur les deux rives.

Gabriel Béland Gabriel Béland
La Presse

Le troisième lien ne passera donc pas par l’île d’Orléans, a assuré François Bonnardel, et aucune sortie n’y est prévue. «Préserver l’île était l’un des aspects les plus importants. Il était hors de question de bulldozer l’île.»

Le ministre n’était pas en mesure de dire jeudi combien coûtera le troisième lien, ni le nombre de voies ou le diamètre du tunnel. Le gouvernement dit être en mesure de préciser le coût d’ici un an. Une étude de 2016 commandée par le ministère des Transports avait évalué au bas mot à 4 milliards de dollars le coût d’un tunnel semblable.

Peu importe le coût, M. Bonnardel a dit vouloir la participation de fédéral. «On souhaite l’apport du fédéral. Les principaux partis s’en vont en élection dans les prochains mois, a-t-il dit. Il sera important que le parti qui gagne les élections soit partie prenante pour assurer le financement.»

Présents lors de l’annonce, deux élus conservateurs de la région ont immédiatement accepté l’invitation du ministre des Transports. «Politiquement, on est derrière le projet à 100%», a dit Pierre Paul-Hus, selon qui les conservateurs sont prêts à financer en partie le troisième lien.

Le député fédéral de Charlesbourg—Haute-Saint-Charles a par ailleurs mis en doute la volonté du gouvernement libéral d’en faire autant. «Steven Guilbeault a déjà dit dans le passé qu’il était contre le projet», a dit M. Paul-Hus à propos de la dernière recrue libérale en vue des élections du 21 octobre.

Farouche adversaire du troisième lien, le directeur du Conseil régional de l’environnement de la Capitale-Nationale a dit espérer que le gouvernement finisse par abandonner le projet. «J’espère que le gouvernement va entendre raison en voyant les chiffres. On ne peut pas investir autant d’argent pour aussi peu de besoins», a lancé Alexandre Turgeon.

Des données récentes de Statistique Canada ont montré que les automobilistes de Québec étaient parmi ceux qui passaient le moins de temps dans leur voiture. À peine 2,3% des automobilistes de la grande région de Québec ont déclaré lors du dernier recensement passer plus de 60 minutes dans leur voiture pour se rendre au travail. Québec se classe au 29e rang sur 35 régions métropolitaines au pays. À Montréal 7,2% des automobilistes ont dit passer plus d’une heure par jour dans leur voiture.

«J’ai bon espoir que ce projet-là dans quelques années on n’en parlera plus, a dit M. Turgeon, qu’il sera enterré, que le réalisme nous aura rattrapé.»