Le coût réel d'un projet d'amphithéâtre, qui pourrait paver la voie au retour du hockey professionnel dans la Vieille Capitale, ne sera pas connu avant novembre prochain.

Alexandre Robillard LA PRESSE CANADIENNE

François Moisan, du service des communications de la Ville de Québec, a indiqué à La Presse Canadienne que des travaux d'évaluation, qui devraient s'amorcer en février, permettront de vérifier le chiffre de 400 millions de dollars, avancé par le maire Régis Labeaume en 2009.

M. Moisan a affirmé que le budget nécessaire au projet sera connu entre six et neuf mois après le début de cette démarche, «probablement» en novembre.

Le premier ministre Jean Charest a annoncé, en septembre dernier, que son gouvernement financerait 45% de la construction de l'installation, soit 180 millions. M. Charest avait du même souffle mandaté l'agence Infrastructure Québec (IQ) afin qu'elle effectue une évaluation des coûts de construction.

Le président-directeur général d'IQ, Normand Bergeron, avait affirmé quelques jours plus tard que cette démarche était nécessaire, puisque l'étude de coûts dont disposait M. Labeaume, réalisée par la firme de génie SNC-Lavalin, comportait une marge d'erreur de 75%.

Par la suite, le mandataire du gouvernement dans ce dossier, Claude Rousseau, avait assuré que le coût de 400 millions était réaliste.

Alors qu'il était en campagne électorale, en 2009, M. Labeaume avait affirmé que l'engagement de la Ville de Québec dans le projet serait de 50 millions.

Lundi, M. Moisan a soutenu que «les coûts plus précis du projet» suivront l'analyse des besoins techniques, un mandat qui sera confié en février à une firme dont le choix reste encore à faire.

«À partir de l'analyse des besoins de l'équipement comme tel, on est capables de faire une meilleure évaluation des coûts, a-t-il dit lors d'une entrevue. On part, on travaille avec la base de l'étude (de SNC), mais là on va avoir une idée plus précise exactement des besoins pour avoir une meilleure évaluation des coûts.»

Après l'annonce de la participation du gouvernement du Québec, le maire Labeaume s'est heurté aux réticences du gouvernement fédéral, de qui il souhaite obtenir l'équivalent de ce que M. Charest a offert pour compléter son montage financier.

La ministre conservatrice responsable de la capitale nationale, Josée Verner, avait notamment réclamé une plus grande présence du secteur privé dans le financement en plus d'exiger «les vrais coûts» de l'installation.

En fin de semaine dernière, le président-directeur général du conglomérat Quebecor, Pierre Karl Péladeau, a révélé qu'il était prêt à investir des «dizaines de millions» de dollars dans le projet. M. Péladeau a affirmé que son objectif était de ramener une concession de la Ligue nationale de hockey (LNH) à Québec.

La région de la capitale est la tête de pont des conservateurs au Québec et le dossier de l'amphithéâtre sera incontournable, dans l'éventualité d'une élection fédérale. Un récent sondage plaçait d'ailleurs le Bloc québécois en avance sur les conservateurs dans la grande région de Québec.

À Ottawa, le chef libéral Michael Ignatieff a déclaré mercredi qu'il serait prêt à soutenir le projet à la condition qu'il y ait un plan d'affaires complet et la participation d'investisseurs privés.

M. Ignatieff a aussi affirmé que cette aide d'un éventuel gouvernement libéral s'inscrirait dans la cadre du renouvellement d'autres infrastructures à travers le pays.

«Il ne faut pas faire un cadeau ici et rien pour d'autres, a-t-il dit lors d'un point de presse. Il faut avoir un plan stratégique canadien pour l'investissement dans ces domaines.»

Le conseiller municipal indépendant Yvon Bussières s'est montré confiant que le coût de l'amphithéâtre ne dépassera pas 400 millions. Selon M. Bussières, la marge d'erreur de 75 pour cent est élevée par mesure de précaution.

«Est-ce qu'on va dépasser 400 millions $, c'est peut-être possible, a-t-il dit. C'est vrai qu'il y avait une marge d'erreur, mais c'était peut-être parce qu'ils n'avaient pas les documents pour pouvoir se prononcer.»

Jusqu'ici, le comité directeur chargé du projet, dont sont membres MM. Bergeron et Rousseau, le directeur général de Québec et un sous-ministre du gouvernement, a lancé deux appels d'offres.

Le premier visait à retenir les services d'une firme d'ingénierie qui sera chargée de la gestion de projet. Les dossiers des soumissionnaires - BPR-Infrastructure, Génivar, Macogep et un consortium formé de Pomerleau et Verreault - sont entre les mains de la Ville depuis le 30 novembre, mais aucune décision n'a encore été prise.

Le deuxième appel d'offres concernait l'analyse des besoins techniques, soit tous les équipements qui seront nécessaires à l'amphithéâtre, pour les spectacles ou les diverses compétitions sportives. Les soumissionnaires ne sont pas encore connus, a indiqué M. Moisan.

Un processus d'embauche pour un directeur de projet a aussi été confié à l'École nationale d'administration publique.