Au Québec, le virus de la grippe A (H1N1) a dépassé la barre des 100 malades, hier, alors que le nombre de cas diagnostiqués a franchi les 10 000 dans le monde. Malgré tout, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) tarde à annoncer la pandémie.

Catherine Handfield LA PRESSE

Le bilan de cas au Québec a été révisé hier à 106 par les autorités de santé publique, qui ont annoncé sept nouveaux cas. Parmi ceux-ci, deux malades âgés de 5 et 54 ans ont été hospitalisés, mais «ils vont bien», a assuré Horacio Arruda, le directeur de la protection de la santé publique.

 

Au pays, plus de 200 nouveaux cas ont été enregistrés depuis la fin de la semaine, a indiqué l'Agence de la santé publique du Canada. Le bilan a atteint 719 malades, hier. Le Canada est au troisième rang des pays les plus touchés après le Mexique et les États-Unis.

Sur les 719 cas confirmés, 13 ont nécessité une hospitalisation, ce qui confirme que la gravité des symptômes équivaut à celle de la grippe saisonnière, a expliqué le chef de la santé publique du Canada, le Dr David Butler-Jones.

Par ailleurs, un bébé canadien de 14 mois a été identifié hier comme la quatrième personne à être infectée par la grippe à Cuba, a annoncé le quotidien Granma. L'enfant a été hospitalisé à La Havane après avoir montré des signes de fièvre et des difficultés respiratoires, peu après son arrivée de Toronto. Le poupon récupère bien, mais ses parents et lui demeuraient en observation, hier.

Pas encore de pandémie

Dans le monde, le virus a dépassé hier la barre des 10 000 malades et 80 décès. Malgré tout, l'OMS a décidé de maintenir la phase d'alerte 5 sur une échelle de 6 face à la grippe A (H1N1), tardant à annoncer la première grande pandémie du siècle.

Depuis plusieurs jours, l'organisation dit attendre l'apparition d'un nouveau foyer autonome dans une autre région du monde pour passer à son dernier niveau. Or, la dernière poussée du virus est particulièrement sensible au Japon, où le nombre de malades répertoriés est passé à 210 en quelques jours. Des cas de transmissions locales ont été confirmés.

Sans cesse interrogée depuis lundi, la directrice générale de l'organisation, Margaret Chan, a fait comprendre qu'elle voulait prendre son temps. «Nous sommes tous sous pression pour prendre des mesures urgentes», a-t-elle expliqué devant les 193 membres de l'OMS réunis à Genève pour leur grande assemblée annuelle. Mais «nous devons avertir les gens quand c'est nécessaire et les rassurer quand c'est nécessaire», a-t-elle insisté.

Pour Antoine Flahaut, épidémiologiste et directeur de l'École des hautes études en santé publique (EHESP) à Rennes, en France, tous les éléments sont réunis pour passer à la phase d'alerte 6. «Mais l'OMS sent que les recommandations qui vont avec ne sont pas adaptées à la situation», a-t-il expliqué à l'AFP, citant la réduction des transports aériens et le port massif du masque, dont l'efficacité est loin d'être prouvée.

«Les pays les plus développés, comme les États-Unis, le Canada ou le Japon, n'ont pas envie» qu'elle le fasse pour cette raison, a-t-il ajouté.