Devant l'ultimatum posé par les partis de l'opposition, le gouvernement Harper fait volte-face et renonce à l'idée d'abolir les subventions versées annuellement aux partis politiques.

Violaine Ballivy et Joël-Denis Bellavance LA PRESSE

«Nous ne croyons tout simplement pas que ça vaut la peine de déclencher des élections à ce sujet», a indiqué hier le ministre des Transports, John Baird, confirmant le changement de cap de son parti.

 

Les stratèges conservateurs souhaitent ainsi désamorcer la crise provoquée la semaine dernière par l'énoncé économique du ministre des Finances, Jim Flaherty. L'énoncé prévoyait notamment cette mesure, qui a soulevé l'ire du Parti libéral, du NPD et du Parti vert. Les quatre partis de l'opposition, qui dépendent largement de ces subventions annuelles versées par l'État pour financer leurs activités politiques, ont unanimement accusé le gouvernement Harper de s'attaquer à la démocratie canadienne.

Or, il semble que ce recul n'aura pas l'effet escompté par Stephen Harper. Le Parti libéral, le NPD et le Bloc québécois ont tous les trois banalisé ce geste et laissé entendre qu'il n'aura aucun effet sur les négociations en cours en vue de former un gouvernement de coalition.

«Pour nous, cela ne changera rien, a aussitôt commenté Gilles Duceppe en entrevue à La Presse. Le lien de confiance est brisé avec M. Harper. Il dit une chose et son contraire 24 heures plus tard.»

«On appelle cela mentir et se moquer de la population», a insisté le chef bloquiste, qui croit que le «point de non-retour» a été franchi.

Même son de cloche du côté du NPD. «C'est vrai qu'on a dénoncé ces coupes, mais elles n'ont jamais été au coeur de nos préoccupations, a dit le porte-parole néo-démocrate, Karl Bélanger.C'est trop peu, trop tard. C'est l'énoncé économique dans son ensemble qui pose problème.»

Le leader libéral à la Chambre, Ralph Goodale, a accusé Stephen Harper d'avoir raté «une belle occasion» de présenter de nouvelles mesures pour faire face à la crise économique.

«À un moment où tous les pays occidentaux industrialisés vont de l'avant avec des plans visant à stimuler leur économie, tout ce que le premier ministre a proposé, c'est de faire des coupes idéologiques et de s'en prendre aux droits des Canadiens. Rien pour aider notre économie», a-t-il noté.

Un porte-parole du premier ministre Harper a indiqué hier qu'aucune autre modification n'était prévue pour le moment à l'énoncé économique. Le gouvernement doit cependant préciser ses intentions aujourd'hui.

- Avec la Presse Canadienne