Derrière chaque nouvelle, il y a une histoire à raconter. Reporter aux affaires policières et au crime organisé, Daniel Renaud relate un reportage qui a secoué tout le milieu des médias et mis en cause l’enjeu de la protection des sources journalistiques.

Publié le 7 avr. 2021
La presse

Entretenir un réseau de contacts doit être particulièrement important dans votre rôle?

Les sources anonymes et confidentielles qui ne sont pas autorisées à parler aux médias, donc qui ne donnent pas le discours officiel, sont toujours celles qui font le plus avancer les choses.

Y a-t-il un reportage qui vous a rendu particulièrement fier dans les dernières années?

L’affaire Lagacé en 2016 a eu l’effet d’une bombe parce qu’on y a révélé qu’un journaliste, établi au Québec, avait été espionné par la police. Juste avant, il y avait une véritable psychose qui régnait dans le monde policier. Il y avait des chasses aux sorcières pour connaître les fuites. Moi-même, j’avais une quinzaine de moyens de communication différents.

Ce reportage n’aurait jamais existé si une source, un jour, ne m’avait pas glissé à l’oreille : « Fais-toi donc sortir les mandats dans l’enquête interne du SPVM, tu vas voir qu’il y a des choses intéressantes là-dedans ».

Cela a débouché sur la commission Chamberland. Un projet de loi a été déposé aussi pour renforcer et protéger les sources des journalistes et il a été adopté un peu plus tard.

Avec l’affaire Lagacé, on a pu pousser un soupir de soulagement, mais je peux vous dire qu’en 2021, je ne baisse toujours pas la garde.