Derrière chaque nouvelle, il y a une histoire à raconter. Reporter aux informations générales, Mayssa Ferah est l’une de nos jeunes journalistes qui adorent faire du reportage de terrain. Elle explique son approche et relate une histoire qui l’a particulièrement marquée.

la presse

Vous couvrez des situations qui sont souvent éprouvantes. Quelle est votre approche?

Il n’y a rien de « divers » dans les faits divers. En tant que journaliste, lorsque tu arrives sur le terrain, tu rencontres une personne pour la première fois et il s’agit souvent de la pire journée de sa vie. Ça prend énormément d’empathie pour aborder cette personne, et ça exige aussi un certain détachement parce que tu es quand même là pour rapporter des faits.

Y a-t-il un reportage qui vous a rendue particulièrement fière dans la dernière année?

J’ai fait une entrevue avec une mère de famille qui, lors d’une fusillade, avait perdu son fils qui était associé aux gangs de rue. En allant la voir, la première chose qu’elle m’a dit c’est : « Ce sont les mères qui paient ». Ce qu’il y a de particulier, lorsqu’on relate un fait divers, comme dans ce cas-ci, c’est que si ça touche quelqu’un qui est associé aux gangs de rue, on va rarement penser au point de vue et à la réaction de sa famille.

Ce qui m’a frappé durant l’entrevue, c’est qu’elle nous a raconté comment son fils était tombé dans cet univers, comment en quelque sorte elle avait tout fait pour que son fils ne tombe pas là-dedans.

Chaque fait divers a une portée sociale. Il ne s’agit pas juste de l’histoire de quelqu’un qui a perdu la vie, ou a eu un accident. Il y a toujours plus à creuser. Souvent, les gens qui en sont victimes, les victimes collatérales, ils ont besoin d’en parler pour dénoncer une situation. Notre travail de documenter cette situation et leur histoire devient alors très important parce qu’au bout du compte, chaque fait divers est véritablement un drame humain.