Beaucoup d'appelées au PQ... peu d'élues?

Lorraine Pintal sera candidate pour le PQ dans Verdun.... (Photo: Marco Campanozzi, archives La Presse)

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Lorraine Pintal sera candidate pour le PQ dans Verdun.

Photo: Marco Campanozzi, archives La Presse

(Québec) ANALYSE - À l'approche du déclenchement des élections, le Parti québécois a clairement remporté la guerre psychologique du dévoilement des candidatures-vedettes. Du côté libéral, on explique que la stratégie est de garder le secret sur l'identité des gens qui ont accepté de porter les couleurs du parti jusqu'au lendemain du déclenchement des élections.

On verra si cette stratégie est la bonne, on peut penser que les récents sondages, plutôt pessimistes pour les libéraux, ont pu refroidir bien des ardeurs. Les gens demanderont plus de temps, jusqu'au prochain sondage. Pour l'heure, c'est le PQ qui paraît avoir le vent dans les voiles.

Beaucoup de femmes connues sont prêtes à monter sur l'estrade avec Pauline Marois lors du rassemblement de candidates qu'elle a fait préparer pour le 8 mars. Mais quand on y regarde de près, on constate vite qu'on a réservé de bien mauvaises circonscriptions à ces candidates. Bien sûr, on répondra que les «bonnes circonscriptions» sont déjà occupées par un député péquiste, mais il faut constater que jusqu'ici, les candidates ont eu des restes. Avec des circonscriptions souvent plus difficiles, le taux de roulement est clairement plus important. Des 17 femmes élues parmi les 54 députés péquistes en 2012, 8 seulement n'en étaient pas à leur première élection.

Malchanceuses

Sylvie Legault, figure connue de la Ligue nationale d'improvisation, soeur de l'ex-président de l'Union des artistes, a tiré la courte paille: candidate dans Mercier face à Amir Khadir. Ce dernier, en septembre 2012, avait remporté la victoire par plus de 7000 voix contre Jean Poirier, leader syndical d'AVEOS. Celui-ci a eu droit cette fois à une circonscription plus prometteuse, Vimont.

Une autre malchanceuse, la comédienne Sophie Stanké, a obtenu Laporte, une circonscription libérale depuis des décennies. André Bourbeau y avait récolté 6300 voix de majorité en 1998, même quand son parti était condamné à l'opposition. Quinze ans plus tard, la libérale Nicole Ménard avait 2000 voix d'avance, même si son parti a perdu le pouvoir.

Dans Verdun, le lot obtenu par Lorraine Pintal, directrice générale du Théâtre du Nouveau Monde, la bataille sera difficile. Depuis les années 1970, le PQ n'y a jamais récolté plus de 35 % des voix, la popularité de la CAQ ayant permis de réduire à quelque 500 voix l'avance du libéral Henri-François Gautrin, en 2012. Mais la glissade du parti de François Legault laisse entrevoir que les libéraux pourront reprendre le territoire perdu.

C'est un peu le même topo dans Charlesbourg, la circonscription où la journaliste Dominique Payette tentera sa chance. C'est l'ancienne circonscription du libéral Marc-Yvan Côté qu'a remportée à l'arraché l'ex-ministre péquiste Jean Rochon (une majorité de 33 voix en 1998 même si le PQ formait le gouvernement). Par la suite, l'ex-recteur de Laval, Michel Pigeon, a rendu la circonscription aux libéraux, mais elle est passée à la Coalition avenir Québec avec Denise Trudel aux dernières élections. Le moins que l'on puisse dire, c'est que Charlesbourg n'a pas une tradition péquiste.

Mille-Îles, où Djemila Benhabib tentera sa chance après avoir mordu la poussière dans Trois-Rivières en 2012, a déjà été un terrain fertile pour le PQ, à l'époque de Lyse Leduc. Elle avait remporté l'élection par près de 900 voix en 1998. Mais la libérale Francine Charbonneau a obtenu près de 1800 voix d'avance aux élections de septembre 2012.

Martine Desjardins, ex-leader des carrés rouges en 2012, veut aussi être candidate. Il reste à lui trouver une circonscription.

Les hommes favorisés?

Pendant ce temps, ce sont des candidats qui récoltent les circonscriptions les plus susceptibles de tomber dans le giron péquiste aux prochaines élections. Essentiellement, il s'agit de Lanaudière, des Basses-Laurentides et de la Montérégie, qui ont été emportées par la vague favorable à François Legault et à son tout nouveau parti, en 2012.

Raymond Archambault, le président du PQ, sera à nouveau candidat dans Groulx. Pour L'Assomption, contre François Legault, on a choisi Pierre Paquet, l'ancien syndicaliste venu du Bloc québécois. Pour d'autres circonscriptions intéressantes, Saint-Jérôme et Montarville, par exemple, on est toujours en discussion avec des candidats potentiels, explique-t-on.




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