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Réjean Parent appuie la charte

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L'ex-président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Réjean Parent.

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Charte de la laïcité

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Charte de la laïcité

Le gouvernement Marois a déposé son projet de Charte sur les «valeurs de laïcité» l'automne dernier. Le texte propose, entre autres, l'interdiction du voile intégral dans les services publics, des balises pour les accommodements raisonnables ainsi que la neutralité de l'État et l'interdiction du port de signes religieux ostentatoires. Suivez les développements. »

(Québec) «Écoeuré» que les Québécois soient taxés d'intolérance, le syndicaliste Réjean Parent a choisi de témoigner à la commission parlementaire pour appuyer la charte de la laïcité.

«Je ne serais peut être pas venu en commission parlementaire s'il n'y avait pas eu autant de gens qui essaient de démontrer l'inutilité du débat, qu'on serait une gang de zouin-zouin de se poser de telles questions, alors que ces débats -là traversent la planète», a déclaré l'ex-président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ).«Si on sort de sa bulle, on réalise que c'est une discussion qui a lieu partout dans le monde», a ajouté M. Parent.

Comme lui, la CSQ est en faveur de la charte.

Selon un sondage non scientifique mené par leur syndicat, il y aurait environ 200 éducatrices en garderie au Québec qui porteraient le voile. Faudra-t-il punir et ultimement congédier ces éducatrices et d'autres fonctionnaires qui refusent d'enlever leur signe religieux? «S'ils ne veulent pas suivre les règles, jusqu'à un certain point, c'est eux autres qui se congédient ou s'excluent», a répondu M. Parent, le premier citoyen à défendre son mémoire en commission parlementaire sur le projet de charte de laïcité.

Il reconnaît que la constitution canadienne protège la liberté de religion, un droit fondamental. «Mais ce n'est pas un droit fondamental de porter un signe religieux pendant les heures de travail», soutient-il.

«On demande à des employés, pendant leurs heures de travail, de faire un devoir de réserve. On est loin d'avoir demandé aux gens de renoncer à leur culte, à leur religion», poursuit-il.

Il établit un parallèle avec la liberté d'expression, un autre droit fondamental. Cela n'empêche pas d'interdire aux fonctionnaires d'exprimer leurs croyances politiques, par exemple en portant un macaron d'un parti. Les tribunaux n'ont pas conclu que cela viole leurs droits fondamentaux, rappelle-t-il.

Le libéral Marc Tanguay a contesté cette analogie. À la différence des croyances politiques, les croyances religieuses sont profondément liées à l'identité. Elles «donnent un sens à leur vie», a soutenu le juriste.  

Dans ce débat polarisé, Réjean Parent déplore aussi les dérapages des pro-charte. «Je ne suis pas partisan de faire de l'Arabie saoudite à l'envers au Québec», lance-t-il. Il ne croit pas que le port de signes religieux soit «un cancer». Mais il note un «malaise», et croit qu'on doit légiférer pour protéger des principes.   

Pas assez loin

La charte de la laïcité ne va pas assez loin pour lui. Elle «gagnerait en cohérence» si on éliminait les subventions aux écoles confessionnelles et retirait le crucifix du Salon bleu de l'Assemblée nationale «Tant qu'à être laïc, on ne le sera pas à moitié», a-t-il lancé.

Le gouvernement péquiste est désormais pour le retrait du crucifix. Mais il explique que la question ne se réglera pas dans projet de loi. C'est une décision administrative qui se fera avec l'appui de l'opposition au sein du Bureau de l'Assemblée nationale.

Autre appui à la charte

Sam Haroun, auteur de L'État n'est pas soluble dans l'eau bénite, a lui aussi appuyé la charte de la laïcité.Interdire le port de signes religieux aux employés de l'État «n'est pas une atteinte à la liberté de religion», soutient-il. «C'est une limitation» en fonction de principe, ce qui n'est pas inhabituel. Il a lui aussi fait le parallèle avec l'interdiction pour les fonctionnaires d'afficher leurs croyances politiques.  

Il déplore par ailleurs que dans le débat sur la laïcité, «on oublie les athées et les agnostiques».

Si une future charte de la laïcité était renversée par la Cour suprême, il hésiterait à prôner le recours à la clause dérogatoire. «Quand il n'y a pas de consensus, c'est risqué», juge l'enseignant originaire du Liban, installé au Québec depuis 1975.  

Faut-il scinder le projet de loi en deux, comme le proposent les libéraux, et laisser de côté l'interdiction du port de signes religieux afin d'adopter maintenant les autres volets consensuels (neutralité de l'État, baliser les accommodements raisonnables pour qu'ils respectent l'égalité homme - femme et la laïcité, et obliger que les services de l'État soient donnés et reçus à visage découvert, donc sans vole intégral) ?

«Oui», a répondu M. Haroun. Il propose de «procéder par consensus, par étape consensuelle»




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