On passe des années dans l'opposition à critiquer la gestion du gouvernement, puis on arrive au pouvoir et on renonce à des engagements électoraux sous prétexte que les finances ont été mal gérées, mais qu'on l'ignorait. Cette stratégie, utilisée par les libéraux en 2003 et par les péquistes en 2012, pourrait bientôt connaître sa fin.

Mis à jour le 20 févr. 2013
Paul Journet LA PRESSE

Le ministre des Institutions démocratiques, Bernard Drainville, veut demander au Vérificateur général de fournir un portrait indépendant des finances publiques à la veille des élections. «On a des gens chez nous qui travaillent présentement là-dessus», a-t-il indiqué à La Presse. Cela pourrait prendre la forme d'un projet de loi visant à modifier le mandat du Vérificateur. M. Drainville espère que ce changement sera en place avant le déclenchement des prochaines élections.

M. Drainville veut également faire adopter un projet de loi déjà déposé afin que les élections se déroulent désormais à date fixe - sauf dans le cas d'un gouvernement minoritaire. Avec des élections à date fixe, il serait encore plus facile de donner un tel mandat au Vérificateur général, a-t-il souligné.

Le ministre des Finances, Nicolas Marceau, y est favorable. «Sur le moyen, on pense que d'intégrer ça au mandat du Vérificateur général, ce serait une façon économique qui permettrait de ne pas engager trop de fonds.»

La Coalition avenir Québec (CAQ) est d'accord avec le principe. Historiquement, les libéraux ne sont pas en faveur de cette mesure. Toutefois, un des candidats à la direction libérale, Philippe Couillard, s'y montre favorable.

Manque de transparence

Le caquiste Christian Dubé déplore par ailleurs le «manque de transparence» lors de l'étude des crédits budgétaires. Il regrette que les quelque 70 organismes non budgétaires, comme les commissions scolaires ou des hôpitaux, ne doivent pas rendre publiques les notes et la vérification externe. Or, ces organismes disposent d'un budget d'environ 19 milliards de dollars, soit près du quart du budget total. Le ministre Marceau a dit qu'il regarderait ce qui pourrait être fait en ce sens.