La course à la succession de Jean Charest n'est pas encore commencée que déjà l'establishment du Parti libéral du Québec (PLQ) glisse dans le camp de Philippe Couillard. L'ancien ministre de la Santé a passé la fin de semaine au téléphone, à convaincre députés et organisateurs de se rallier à sa campagne.

Mis à jour le 18 sept. 2012
Denis Lessard LA PRESSE

Il devrait confirmer sa candidature le 24 ou le 25 septembre. Pierre Moreau, ministre sortant des Transports, a lui aussi passé des coups de téléphone, mais sa récolte semble moins fructueuse. Joint hier, il a dit qu'il est toujours en réflexion et qu'il suit rigoureusement le plan qu'il s'était donné. Il fera connaître sa décision dans une semaine, 10 jours au plus tard, expliquent ses proches.

Longtemps dans la garde rapprochée de Jean Charest, Christian Lessard est dans l'organisation de M. Couillard depuis quelques jours. Josée Lévesque, depuis des lustres dans la structure du PLQ - elle était déjà là sous Robert Bourassa -, s'occupera de l'est du Québec. Mme Lévesque a été chef de cabinet de Marguerite Blais et de Julie Boulet. M. Couillard a aussi récupéré Cathy Rouleau, son ancienne chef de cabinet, et obtenu l'engagement d'autres organisateurs de premier plan.

L'ancien ministre de la Santé estime avoir aussi la bénédiction de l'ancien chef de cabinet de M. Bourassa, John Parisella, à qui il a parlé en fin de semaine, de même que celle de Benoît Pelletier, qui a annoncé hier qu'il ne serait pas candidat. Du côté des députés, son principal lieutenant est Sam Hamad, mais il a aussi l'appui de Pierre Arcand, de Kathleen Weil et de Stéphanie Vallée. Il peut compter aussi sur Line Beauchamp, qui ne se présentera pas.

Dans le camp Moreau, on semble plafonner. Du côté des députés, avec Norbert Morin, on trouve Julie Boulet et Filomena Rotiroti. Parmi les organisateurs, on compte Pierre Paquin, Marcel Danis, Olivier Parent, Sébastien Lachaîne et Éric Tétreault. Ce sont d'anciens collaborateurs de cabinets politiques pour l'essentiel. Jacques Dupuis est un appui certain pour le ministre des Transports, mais son disciple, Pietro Perrino, semble désormais hésiter davantage à se lancer en piste pour Moreau.

Raymond Bachand s'appuie sur quelques élus, dont Christine St-Pierre, indique-t-on. Il aurait davantage d'appuis au caucus que Pierre Moreau. Isabelle Perras, son ancienne chef de cabinet, passée dans le privé, fait des appels. Mais dans son camp, on soutient qu'il n'a pas jeté l'éponge et qu'il met en place son organisation. Fort d'une longue amitié, Jean Masson, une institution au PLQ, est prêt à appuyer M. Bachand s'il se lance en piste.

Du côté du PLQ, on appuie sur l'accélérateur. La direction du parti s'est réunie hier soir pour décréter qu'un conseil général aurait lieu le 20 octobre. Cette décision rendra inutile le débat autour d'un scrutin au suffrage universel des membres puisqu'il est impossible de changer la constitution du PLQ si on pose comme prémisse que le chef doit être en poste pour le budget du printemps 2013.

La permanence du parti était moins rigoureuse quant au respect de la constitution quand est venu le temps de choisir un président intérimaire pour remplacer Marc Tanguay, élu le 4 septembre. Karl Blackburn, directeur du PLQ, avait le mandat de pousser la candidature d'Alain Paquet, défait dans Laval-des-Rapides, même si la constitution dit qu'un chef intérimaire doit être membre de la direction du parti au préalable.