Son entourage en parlait depuis des mois comme l'une de ses visites officielles en France les plus importantes depuis son arrivée au pouvoir. À contrecoeur, le premier ministre Jean Charest a décidé hier de retarder son départ pour participer au vote qui s'annonçait serré sur la motion du Parti québécois destinée à renverser son gouvernement.

Mis à jour le 20 nov. 2010
Tommy Chouinard LA PRESSE

M. Charest devait passer la semaine à Paris et Strasbourg dans le cadre des «visites alternées» entre les premiers ministres français et québécois qui ont lieu tous les deux ans. Il sera finalement à Paris jeudi et vendredi - jour où il rencontrera son homologue français François Fillon. Il s'envolera pour la France mercredi, après le vote sur la motion de censure du PQ. Ce sera sa cinquième visite dans l'Hexagone en deux ans.

Le PQ a bouleversé le programme du premier ministre avec la motion qu'il a dévoilée plus tôt cette semaine à l'Assemblée nationale. «C'est ennuyant d'être obligé de changer l'agenda. Mais on va atteindre les objectifs qu'on s'était fixés», a affirmé M. Charest à Sherbrooke hier.

«Les visites alternées des premiers ministres sont une tradition établie il y a 34 ans par René Lévesque et Raymond Barre. Cette tradition a largement contribué au développement des relations entre le Québec et la France. Je trouve déplorable que l'opposition péquiste ait fait le choix de déposer une motion de censure au moment où cette importante mission doit se dérouler», a-t-il indiqué par voie de communiqué. Il trouve «important» de voter, mais également de participer au débat sur cette motion.

Son attaché de presse, Hugo D'Amours, a indiqué que la décision du premier ministre est basée sur «une question de principe» et n'est pas liée à «une question de majorité». Reste que l'absence de M. Charest, de la ministre des Relations internationales, Monique Gagnon-Tremblay, et du ministre du Développement économique, Clément Gignac, rendait précaire la majorité du gouvernement.

Sur les 125 députés de l'Assemblée nationale, le Parti libéral en a 65; le Parti québécois, 51; l'ADQ, 4; Québec solidaire, 1; il y a 3 indépendants - dont un, Tony Tomassi, brille toujours par son absence - et un siège vacant (Kamouraska-Témiscouata). L'opposition peut compter jusqu'à 58 voix en faveur de la motion de censure. L'absence de quelques libéraux aurait pu mettre le gouvernement dans le pétrin.

La motion du PQ propose que «l'Assemblée nationale du Québec retire sa confiance au gouvernement libéral et à son premier ministre pour son refus obstiné de déclencher une enquête publique et indépendante sur l'industrie de la construction, sur l'octroi de contrats publics, de permis ou de subventions ainsi que sur le financement des partis politiques».

Monique Gagnon-Tremblay représentera M. Charest en France pour les activités qui pourront être maintenues au programme lundi, mardi et mercredi. Elle ne sera donc pas à Québec pour le vote sur la motion. Clément Gignac y sera, lui qui devait accompagner M. Charest en France mercredi.