Ne ménageant aucun effort pour arracher la circonscription de Chicoutimi-Le Fjord aux libéraux de Justin Trudeau lors de l'élection partielle du 18 juin, le chef du Parti conservateur Andrew Scheer débarquera dans cette région nationaliste du Québec le 14 juin afin de donner un coup de pouce à son candidat Richard Martel.

Publié le 6 juin 2018
JOËL-DENIS BELLAVANCE LA PRESSE

Mais M. Scheer ne sera pas seul. L'ancien chef du Bloc québécois Michel Gauthier, qui a rejoint les rangs du Parti conservateur le mois dernier, l'accompagnera lors de ce dernier blitz des conservateurs, tout comme le lieutenant politique de M. Scheer au Québec, le député de Richmond-Arthabaska Alain Rayes, a appris La Presse hier.

Dans les rangs conservateurs, on espère que cette visite, à quatre jours de l'élection partielle, donnera l'élan nécessaire à Richard Martel, qui jouit d'une bonne notoriété dans cette région en raison de sa carrière de 11 ans à titre d'entraîneur-chef des Saguenéens de Chicoutimi, pour coiffer au fil d'arrivée la candidate du Parti libéral du Canada, la femme d'affaires Lina Bovin.

Il s'agira d'ailleurs de la deuxième visite de Michel Gauthier durant la campagne pour convaincre les électeurs autrefois acquis au Bloc québécois de se rallier aussi au Parti conservateur. Durant sa première visite, le 28 mai, M. Gauthier a invité les électeurs à envoyer un message sans équivoque aux libéraux fédéraux.

«C'est Chicoutimi-Le Fjord qui va décider si, oui ou non, on donne le message à Justin Trudeau qu'on en a plein le casque de son gouvernement de Justin au pays des merveilles», avait notamment affirmé M. Gauthier, qui a tourné le dos à l'option souverainiste au terme d'une longue réflexion et après avoir constaté qu'une majorité des Québécois étaient passés à autre chose.

Trudeau aussi

Tout indique que le premier ministre Justin Trudeau ira aussi faire campagne dans Chicoutimi-Le Fjord, une circonscription qui a basculé dans le camp libéral au dernier scrutin, mais qui est vacante depuis novembre dernier à la suite de la démission surprise du député Denis Lemieux.

Dans une entrevue accordée jeudi dernier à l'animateur de l'émission matinale de Radio-Canada du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Jean-Pierre Girard, M. Trudeau a affirmé qu'il irait faire campagne en compagnie de la candidate libérale d'ici au jour de l'élection partielle malgré son horaire fort chargé.

Les autres candidats confirmés sont Éric Dubois pour le Nouveau Parti démocratique (NPD), Catherine Bouchard-Tremblay pour le Bloc québécois, Linda Youde pour le Parti vert et John Turmel, qui se présente comme indépendant.

Une première en 21 ans?

La dernière fois qu'un député d'allégeance conservatrice a triomphé dans la circonscription de Chicoutimi-Le Fjord remonte à 1997, quand André Harvey avait été élu en portant la bannière du Parti progressiste-conservateur, alors dirigé par Jean Charest. Mais M. Harvey a quitté le camp conservateur en 2000 et a réussi à conserver son siège au scrutin de la même année après avoir rejoint les rangs du Parti libéral de Jean Chrétien.

Même s'ils s'évertuent depuis quelques semaines à minimiser leurs chances de déloger les libéraux, les conservateurs se frottent tout de même les mains à l'idée d'asséner un tel coup au gouvernement Trudeau à 16 mois des prochaines élections fédérales. D'autant plus que les stratèges libéraux croient être en mesure de faire des gains au Québec aux prochaines élections prévues en octobre 2019 afin de compenser la perte de sièges attendue dans les Maritimes et en Colombie-Britannique.

«Cela enverrait un message majeur non seulement à tout le Québec, mais aussi au Canada tout entier, à savoir que les conservateurs peuvent faire des gains au Québec. Mais il reste encore beaucoup de travail à faire avant le jour des élections», a souligné une source conservatrice, qui s'exprimait sous le couvert de l'anonymat.

LE QUOTIDIEN

Richard Martel