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Justin Trudeau: «La souveraineté ne vient plus chercher les jeunes»

Justin Trudeau... (Photo Yan Doublet, Le Soleil)

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Justin Trudeau

Photo Yan Doublet, Le Soleil

(OTTAWA) Les jeunes Québécois décrochent de la souveraineté parce qu'ils ne voient pas le Canada comme un frein à la réalisation de leurs ambitions, mais bien comme un tremplin, estime le chef du Parti libéral, Justin Trudeau.

Dans une entrevue accordée à La Presse pour faire le bilan de la dernière session parlementaire à Ottawa, M. Trudeau s'est montré inquiet du climat malsain qui prévaut à la Chambre des communes en raison des tactiques d'intimidation utilisées par le gouvernement Harper pour museler tout adversaire qui se trouve sur son chemin.

Il s'est dit encouragé par le travail de reconstruction accompli depuis qu'il est à la barre du Parti libéral et de la qualité des candidats qui se manifestent pour porter la bannière libérale aux prochaines élections, prévues en octobre 2015.

Et il a livré son analyse des raisons qui expliquent la chute des appuis à l'option souverainiste chez les jeunes au Québec, une tendance qui s'est accentuée lors du dernier scrutin le 7 avril qui a marqué le retour des libéraux au pouvoir.

Selon M. Trudeau, nul besoin de lire les sondages ou les analyses pour voir qu'il se passe quelque chose au Québec.

«Je passe énormément de temps avec les jeunes au Québec et dans le reste du pays. Au Québec, les jeunes ont de grands projets. Ils pensent à faire des voyages, ils sont ouverts sur le monde et ils sont préoccupés par de grands enjeux comme les changements climatiques, par la pauvreté, le respect des droits humains, par les inégalités sociales. Ils veulent que leur gouvernement s'occupe de leur avenir, leur donne les moyens de réussir et de s'épanouir en tant qu'individus», a affirmé M. Trudeau.

Désintérêt des jeunes pour la souveraineté

Un sondage CROP réalisé pour le compte de La Presse auprès de 500 jeunes de 18 à 24 ans et publié en juin montrait que la souveraineté obtenait l'appui de seulement 31% des répondants. Le Parti québécois, lui, ne récoltait que 16% des intentions de vote de cette partie de la population. Et la sociologue Claire Durant a analysé quelque 125 sondages réalisés entre 1997 et 2014 par la firme CROP. Selon elle, il est manifeste que le désintérêt des jeunes pour la souveraineté va en augmentant depuis environ 15 ans.

«Les jeunes sont rendus là. Il y a plein de jeunes qui ne comprennent pas en quoi les souverainistes trouvent qu'on est limité parce que nous faisons partie du Canada et que nous n'avons pas notre propre pays. C'est un débat qui, honnêtement, ne vient plus chercher les jeunes. Leur pays, ils l'ont, c'est le Canada. Leur chez-eux, c'est le Québec, mais leur cour, c'est la planète entière. Il y a une vision plus large qui est moins ancrée dans cette idée d'exclusion qui a traditionnellement fait partie du mouvement souverainiste, cette idée d'être exclus par les Anglais au Canada. Les jeunes ne se sentent pas brimés ou limités en vivant dans le Canada», a ajouté le chef libéral.

Trudeau ne veut pas être perçu comme le sauveur du PLC

En entrevue, Justin Trudeau a admis pour la première fois qu'il a hésité à se lancer dans la course à la direction du PLC en 2012 parce qu'il craignait que les militants libéraux voient en lui un sauveur.

«Une des raisons pour lesquelles cela ne m'intéressait pas de me lancer dans la course au début, c'est que je ne voulais pas que le Parti libéral prenne des raccourcis. Je ne voulais pas qu'il me voie comme le sauveur. "On va essayer le fils à Trudeau et lui, il va être notre sauveur." Non, parce que je savais jusqu'à quel point le Parti libéral avait énormément de travail à faire pour regagner la confiance des gens», a-t-il dit.

Il dit avoir aussi fait un constat avant de se lancer dans la course: le Parti libéral devait rompre avec un passé récent où, selon M. Trudeau, il était davantage préoccupé par son avenir que par l'avenir des Canadiens.

«Il en fallait une, une rupture. En 2000, on a gagné 172 sièges pour obtenir une majorité. Toutes les élections suivantes, nous avons gagné 135 sièges en 2004, 100 en 2006, 77 en 2008 et 35 en 2011. C'est une ligne droite vers le bas et ça finit à un siège, car je n'ai pas l'intention de perdre Papineau», a-t-il lancé en souriant.

Chose certaine, la donne a changé depuis qu'il dirige les libéraux. Le PLC demeure en tête dans les sondages au pays, ses coffres sont mieux garnis et les candidats se bousculent pour porter la bannière libérale.

«Je suis vraiment fier de l'équipe que l'on commence à bâtir. Et ça se sent sur le terrain. Les gens achètent des cartes de membres. Il y a des assemblées d'investiture. Je sens un engouement», a-t-il dit.




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