(Québec ) Dominique Anglade prend en partie le blâme pour les résultats pour le moins « décevants » du Parti libéral du Québec dans Marie-Victorin. Son « message » ne percole pas encore jusqu’à sa base militante alors que de « nombreux libéraux ne sont pas sortis voter », croit-elle.

Mis à jour le 12 avril
Fanny Lévesque
Fanny Lévesque La Presse
Charles Lecavalier
Charles Lecavalier La Presse

« On doit reconnaître que les résultats sont décevants », a affirmé la cheffe libérale en mêlée de presse mardi à l’Assemblée nationale. Dominique Anglade n’avait pas encore réagi aux résultats désastreux de sa formation à l’élection partielle de Marie-Victorin, lundi. Sa candidate, Émilie Nollet, a pris le cinquième rang, derrière Anne Casabonne du Parti conservateur du Québec.

« Il faut prendre acte des résultats et dire à tous les libéraux qui n’ont pas voté : j’entends ce que vous me dites », a-t-elle ajouté. Mme Anglade ne cache pas que le virage plus progressiste et écologique qu’elle propose tarde à faire écho chez les militants. Elle admet dans la foulée que certains libéraux « sont fâchés » de ne pas entendre « suffisamment » parler de l’économie et des libertés individuelles.

Dominique Anglade mise notamment sur la nationalisation de l’hydrogène vert pour développer une économie verte au Québec. En matière de protection du français, elle voulait aller plus loin que son prédécesseur Philippe Couillard. Elle s’est récemment retrouvée dans une situation inusitée où elle a demandé au gouvernement de reculer sur un amendement proposé par les libéraux dans le projet de loi 96.

« Quand on entreprend un certain virage comme celui-là, ça prend un certain temps. […] [Mon] message, je dois faire le constat, avec beaucoup d’humilité […], qu’il n’a pas été suffisamment entendu », tranche Mme Anglade. « On parle beaucoup de la pandémie à l’Assemblée nationale et j’ai un rôle à jouer comme cheffe de l’opposition officielle. […] Ça ne permet pas de passer tes propositions [comme chef de parti] comme tu voudrais, c’est un équilibre à trouver », a-t-elle expliqué.

De la boue

Le premier ministre François Legault n’a pas hésité à souligner les malheurs du Parti libéral. « S’il y a un message, hier, important pour Dominique Anglade, c’est de dire : c’est bien beau, lancer de la boue, là, mais les Québécois n’aiment pas ça, le Parti libéral a fait 7 % », a lancé le chef caquiste un peu plus tard en journée lors d’un point de presse. La bonne performance d’Éric Duhaime ne l’inquiète pas : « C’est vrai que Éric Duhaime a fait plus 10, mais la CAQ a fait plus 7. Ceux qui ont subi les conséquences, c’est Québec solidaire […] puis le Parti libéral. »

Avec 35 % des suffrages, Shirley Dorismond, de la CAQ, est arrivée première devant son adversaire du Parti québécois, Pierre Nantel (30 %). Le Parti libéral du Québec termine derrière le Parti conservateur du Québec d’Éric Duhaime, avec 7 % pour le PLQ et 10 % pour Anne Casabonne du PCQ. Québec solidaire finit troisième avec 14 % des voix.

L’émergence de la formation politique dirigée par Éric Duhaime se confirme également par la confirmation par Radio-Canada que ce dernier participera au débat de chefs. « On vient de monter dans les ligues majeures », s’est-il réjoui dans un message diffusé sur les médias sociaux.

Où sont les jeunes ?

Du côté de Québec solidaire, on cherchait aussi à expliquer les résultats décevants d’hier. Avec 16,6 % des voix, la candidate Shophika Vaithyanathasarma a obtenu un moins bon résultat que lors des élections générales de 2018 (21,7 %). Le chef parlementaire du parti de gauche, Gabriel Nadeau-Dubois, estime que cette situation est causée par le désintérêt des jeunes pour la partielle et par l’absence de bureaux de vote sur les campus.

« Une des clés de nos succès, c’est le vote des jeunes. On a eu de la difficulté à le faire sortir », a-t-il dit en point de presse. « Jusqu’à la dernière semaine de la campagne, je rencontrais des jeunes et je leur apprenais qu’il y avait une élection », a-t-il ajouté. M. Nadeau-Dubois affirme que Québec solidaire a toujours de la difficulté lors des élections partielles pour cette raison : « C’est un scénario connu, c’est notre défi. »

M. Nadeau-Dubois a également rejeté l’étiquette de parti extrémiste. La veille, le premier ministre François Legault avait affirmé qu’une des leçons que l’on pouvait tirer du résultat électoral est que « le peuple québécois n’aime pas les extrêmes », sans nommer d’adversaires politiques. Le co-porte-parole de QS a rétorqué que c’est plutôt la CAQ qui souffre de « déconnexion extrême ». « Je pense que prendre au sérieux la crise climatique, ce n’est pas extrême. […] Ce qui est extrême, c’est nier la crise climatique », a-t-il lancé.