(Québec) Les partis d’opposition demandent au gouvernement Legault un plan « de toute urgence » pour venir en aide aux personnes qui ont une déficience intellectuelle ou un trouble du comportement et qui vivent l’horreur, même s’ils sont sous la responsabilité du Curateur public, dans des centres de détention et à leur sortie.

Publié le 15 mars
Hugo Pilon-Larose
Hugo Pilon-Larose La Presse

La Presse révélait mardi des histoires troublantes de citoyens qui ont des problèmes de santé mentale, qui sont sous la protection du Curateur public et qui ne reçoivent pas le soutien requis lorsqu’ils sont en détention. À Montréal, il n’existe aucun hébergement pour les accueillir à leur retour dans la société. Plusieurs deviennent alors sans-abris.

La députée péquiste Véronique Hivon juge la situation « intenable » et demande des solutions « à très court terme pour les personnes qui sont sous la curatelle publique et qui ont des vulnérabilités extrêmes ».

« On n’est carrément pas capable d’héberger certaines personnes dans certains contextes, soit en prison ou à leur sortie de prison. C’est l’État qui manque à ses obligations à l’égard des plus vulnérables », a-t-elle martelé mardi.

Ce n’est pas sorcier. Il faut aménager des lieux sécuritaires et avoir des ressources spécialisées. Ça doit être fait rapidement. Ce qui est révoltant, c’est que les personnes qui sont censées être protégées par la ressource ultime de l’État, le Curateur public, ne le sont pas faute de ressources adaptées.

La députée péquiste Véronique Hivon

Le député libéral Jean Rousselle a à son tour plaidé pour ces personnes « qui ont besoin d’aide » et qui ne reçoivent pas les services requis.

« Ils ont besoin de traitements psychologiques, de médicaments et d’encadrement, mais ils se retrouvent malheureusement dans la rue, laissés à eux-mêmes », a-t-il dénoncé, exigeant que Québec ajoute des ressources dans les centres de détention et des soins psychologiques auprès des organismes qui viennent en aide aux personnes itinérantes.

« La place de ces personnes n’est pas en prison : elles ont besoin de ressources, de services spécifiques et d’accompagnement pour pouvoir s’épanouir dans la société. Ça m’inquiète au plus haut point de savoir que des personnes vulnérables qui vivent avec une déficience intellectuelle ou un trouble de santé mentale soient laissées à elles-mêmes alors qu’elles sont sous la responsabilité du Curateur public », a également réagi Christine Labrie de Québec solidaire.

« Notre filet social a des trous immenses. Essayer d’avoir des services en déficience intellectuelle ou en santé mentale, ça peut ressembler à un parcours du combattant, mais c’est aussi très souvent la quête d’un service qui n’existe tout simplement pas », a-t-elle ajouté.

Des nouvelles ressources au Curateur public

Le cabinet du ministre de la Famille et responsable du Curateur public, Mathieu Lacombe, a indiqué mardi être « très sensibles aux situations des personnes vulnérables qui sont rapportées ce matin dans » La Presse.

« Il est important de savoir que dès qu’il y a eu la première série d’articles dans La Presse, un comité a été mis en place par le Curateur public au niveau de l’itinérance et une nouvelle ressource sera embauchée et dédiée directement aux dossiers de l’itinérance et de la santé mentale », a-t-on indiqué.

« De nouvelles ressources seront aussi engagées par le Curateur public pour assurer le bon suivi de tous les dossiers. […] Notre rôle dans ces cas-ci, c’est de s’assurer de la bonne coordination de l’ensemble des intervenants et c’est ce que le ministre a demandé concrètement à la curatrice », a-t-on ajouté.

À sa sortie du Salon bleu, la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a refusé de répondre aux questions de La Presse au sujet du sort réservé dans les centres de détention aux personnes qui vivent avec une déficience intellectuelle ou un trouble de comportement, même s’ils sont sous la responsabilité du Curateur public. Au moment de publier, son cabinet n’avait toujours pas répondu aux questions soumises par La Presse.