(Ottawa) Le chef du Parti conservateur du Canada, Erin O’Toole, estime que la contribution santé que propose d’instaurer le gouvernement Legault aux personnes qui ne sont pas vaccinées contre la COVID-19 est « injuste » et qu’elle porte atteinte à l’universalité du système de santé canadien.

Publié le 17 janvier
Mélanie Marquis
Mélanie Marquis La Presse

« Je m’oppose à cette approche, personnellement. Je préfère une approche d’éducation. On doit encourager les non-vaccinés, pas les cibler avec une taxe ou une mesure stricte comme celle-là », a exposé le chef de l’opposition officielle en conférence de presse, lundi.

Il a dit comprendre la « frustration » ambiante en cette cinquième vague de la pandémie, mais il n’y voit pas de justification pour l’adoption d’une mesure qui, selon lui, contrevient au principe d’universalité du réseau de la santé au Canada.

« Notre système de santé est universel. C’est pour tout le monde. Et selon moi, c’est injuste de cibler un petit nombre de Canadiens », a plaidé Erin O’Toole, disant s’inquiéter de l’effet potentiel de la mesure sur les « populations vulnérables, les minorités, les communautés autochtones ».

Il n’y voit cependant pas une raison, pour le fédéral, de s’en mêler ou de punir Québec en retenant une portion des paiements de transfert en santé.

Je vais toujours respecter les champs de compétence et les décisions des provinces.

Erin O’Toole, chef du Parti conservateur du Canada

La semaine dernière, le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a usé de prudence lorsqu’on lui a demandé de réagir au projet de son homologue du Québec, François Legault. Se disant en accord avec l’adoption de « mesures fortes » par les provinces, il a toutefois noté qu’il insistait sur le respect de la Loi canadienne sur la santé.

« Le fédéral ne bougera pas », dit Charest

Dans une intervention sur les ondes de CTV, l’ancien premier ministre québécois Jean Charest a exprimé un sérieux doute sur des sanctions éventuelles. Il l’a fait en se basant sur sa propre expérience alors qu’il était au gouvernement.

« Je suis passé par là. À l’époque où j’étais premier ministre du Québec, nous faisions des choses qui, dans certains cas, étaient peut-être en dehors de la loi. Le gouvernement fédéral ne bougera pas. Ils vont laisser passer cela », a-t-il affirmé au cours de l’entretien, qui a été diffusé dimanche.

Intervenir directement dans le système de santé québécois ? Ce serait franchement une très mauvaise décision de leur part.

Jean Charest, ancien premier ministre du Québec

Le premier ministre François Legault a causé la surprise en annonçant mardi dernier que son gouvernement souhaitait frapper les non-vaccinés d’une « contribution santé » qu’il veut « substantielle ». Il s’est engagé à en débattre avec les partis de l’opposition à l’Assemblée nationale.

La forme que prendrait cette sanction pécuniaire reste ainsi à déterminer.

Ailleurs au Canada, plusieurs provinces ont d’ores et déjà annoncé qu’elles n’avaient pas l’intention d’importer la proposition du Québec sur leur territoire. C’est le cas de l’Ontario, de la Colombie-Britannique ou encore de la Saskatchewan.