(Québec) La réforme de la loi 101 porte atteinte au système scolaire anglais, dénoncent les commissions scolaires anglophones, qui réclament que Québec modifie son projet de loi afin que les enfants de travailleurs temporaires puissent continuer d’éviter de fréquenter l’école française si leur séjour se prolonge au-delà de trois ans.

Hugo Pilon-Larose
Hugo Pilon-Larose La Presse

Dans le projet de loi 96, Québec prévoit cesser de renouveler l’attestation permettant aux titulaires d’un permis de travail temporaire d’envoyer leurs enfants à l’école anglaise pour une période de trois ans. À l’heure actuelle, l’attestation peut être renouvelée.

Le directeur général de l’Association des commissions scolaires anglophones du Québec, l’ancien député Russell Copeman, accuse le gouvernement Legault de diviser les Québécois et de fragiliser la « paix linguistique » qui s’est installée depuis l’adoption de la loi 101 en 1977.

« Nous avons compris depuis longtemps que l’une de nos grandes responsabilités consiste à préparer nos élèves de manière adéquate pour vivre et travailler au Québec », a dit M. Copeman, selon qui il n’y aurait que quelques milliers d’élèves qui répondent à ce cas de figure.

En commission parlementaire, la députée libérale Hélène David a aussi rappelé que la vice-présidente des États-Unis, Kamala Harris, avait étudié en anglais à Montréal alors que sa mère était chercheuse invitée à McGill. Aurait-elle pu le faire si le projet de loi 96 avait été en vigueur à l’époque ? La question a été soumise.

Simon Jolin-Barrette défend son projet de loi

D’entrée de jeu, le ministre responsable de la Langue française, Simon Jolin-Barrette, a réitéré jeudi ce qu’il répète depuis le printemps : il n’y a « rien dans le projet de loi 96 qui fait en sorte de porter atteinte aux droits et aux institutions de la communauté anglophone ».

Le projet de loi « va diminuer nos inscriptions », a rapidement rétorqué Russell Copeman. « Si ce n’est pas affecter des institutions [anglophones], je ne sais pas [ce que] c’est », a-t-il dit.

Le directeur général de l’Association des commissions scolaires anglophones du Québec a refusé de dire si le français était selon lui en déclin dans la province.

« On peut quasiment tout dire avec des statistiques », a-t-il dit, ajoutant que « le Québec n’a jamais été aussi français qu’il ne l’est aujourd’hui ».