Le premier ministre Justin Trudeau s’entretiendra mardi avec le nouveau président des États-Unis, Joe Biden, dans le cadre de leur toute première « réunion bilatérale ». Celle-ci se tiendra toutefois virtuellement, pandémie oblige.

Henri Ouellette-Vézina Henri Ouellette-Vézina
La Presse

D’après un communiqué diffusé par le cabinet du chef libéral, en début d’après-midi, les deux chefs d’États discuteront de leurs « priorités communes » pour « mettre fin à la pandémie mondiale de COVID-19 ».

Parmi les autres thèmes qui devraient être abordés lors de cette rencontre, on note évidemment la relance économique ainsi que « le maintien de chaînes d’approvisionnement efficaces », mais aussi les changements climatiques, l’énergie, la défense et la sécurité, puis la diversité et l’inclusion.

Pour Joe Biden, il s’agira également d’un premier sommet bilatéral avec un dirigeant d’un autre pays. Plus tôt cette semaine, son administration avait déjà indiqué que le président ne rencontrerait aucun leader étranger en personne, dans la foulée de la crise de la COVID-19.

La Maison-Blanche a, de son côté, avancé que la réunion entre Joe Biden et Justin Trudeau « sera l’occasion pour les deux dirigeants de revoir les efforts communs dans des domaines d’intérêt mutuel, tels que la réponse à la COVID-19, les changements climatiques et les liens économiques, qui lient [leurs] pays ».

PHOTO PATRICK DOYLE, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Joe Biden et Justin Trudeau, lors d’une rencontre à Ottawa, en décembre 2016

Sources de désaccord

Fin janvier, à l’issue d’un appel téléphonique « chaleureux », le premier ministre Trudeau avait reconnu que le Canada éprouvait une certaine « déception » face à la décision du gouvernement américain sur le permis de construction de l’oléoduc Keystone XL, que M. Biden a déjà choisi d’invalider. Le projet devait permettre de transporter 830 000 barils de pétrole brut par jour, entre l’Alberta et le golfe du Mexique.

Ce ne sera pas toujours un alignement parfait avec les États-Unis. C’est le cas avec n’importe quel président.

Justin Trudeau, premier ministre du Canada, en janvier dernier, refusant de parler de possibles mesures de rétorsion ou de sanctions contre Washington pour le moment

L’automne dernier, le ministre des Affaires étrangères François-Philippe Champagne, qui a depuis été remplacé par Marc Garneau, avait soutenu que l’oléoduc était « une priorité à l’ordre du jour ». « Nous allons faire valoir notre point de vue en affirmant que le Canada est le fournisseur d’énergie le plus fiable des États-Unis », avait-il martelé.

Mais la décision des autorités américaines n’a pas tardé, comme prévu. Il y a cinq ans, en 2015, Joe Biden était vice-président quand Barack Obama a annoncé la suspension du permis de l’oléoduc Keystone XL. Il avait par la suite été autorisé à nouveau par Donald Trump.

Rappelons qu’Ottawa est également préoccupé par le plan « Buy American » des autorités américaines, visant à faire en sorte que les travailleurs et les fabricants des États-Unis soient les principaux bénéficiaires de sa stratégie de reprise économique. Le plan en question comprend aussi des décrets pour appliquer, élargir et resserrer davantage les dispositions, stratégie pour rendre les produits américains plus compétitifs et élargir la liste des « matériaux critiques » qui doivent être fabriqués aux États-Unis.

– Avec La Presse Canadienne