(Ottawa) Les conservateurs ont échoué à leur plus récente tentative de donner un nouveau souffle à la saga SNC-Lavalin.

Mélanie Marquis Mélanie Marquis
La Presse

Une motion visant la comparution du commissaire aux conflits d’intérêts et à l’éthique, Mario Dion, a été rejetée six voix contre quatre, lundi après-midi, en comité parlementaire.

L’objectif de la démarche initiée par le député conservateur Michael Barrett était d’inviter l’agent indépendant du Parlement à discuter des conclusions du rapport « Trudeau II ».

Dans ce document déposé en août dernier, Mario Dion blâme le premier ministre pour son comportement dans l’affaire SNC-Lavalin.

Au cours de la dernière législature, les conservateurs avaient tenté de convoquer le commissaire, mais les libéraux avaient usé de leur majorité à la table pour faire avorter la démarche.

Si les conservateurs sont revenus à la charge, c’est que les libéraux sont minoritaires aux comités, tout comme ils le sont en Chambre.

Mais le député Barrett n’a pas su rallier la députée bloquiste Marie-Hélène Gaudreau, qui a voté en défaveur de la motion.

« Les libéraux ont convaincu le Bloc québécois de les aider à empêcher l’enquête », a accusé l’élu sur Twitter.

Le commissaire Dion a tapé sur les doigts du premier ministre dans le rapport qu’il a rendu public à l’aube du déclenchement de la dernière campagne électorale.

Il a conclu que Justin Trudeau s’était « prévalu de sa position d’autorité » pour tenter d’influencer l’ancienne ministre de la Justice et procureure générale, Jody Wilson-Raybould, dans le dossier SNC-Lavalin.

Le principal concerné a reconnu que des erreurs avaient pu être commises, mais il n’est jamais allé jusqu’à présenter des excuses, arguant qu’il se battait pour protéger des emplois canadiens.

La démarche visait à éviter à la firme d’ingénierie montréalaise un procès criminel en négociant un accord de poursuite suspendue.

Au bout du compte, l’affaire a connu son aboutissement en décembre dernier, après qu’une division de la société eut plaidé coupable à une accusation de fraude en lien avec ses projets en Libye devant la Cour du Québec.

Les conservateurs ont recommencé à brandir l’affaire SNC-Lavalin en Chambre ces derniers jours, dans la foulée de l’annulation du projet de mine de sables bitumineux Frontier.

Ils l’évoquent pour accuser Justin Trudeau de s’être battu pour les emplois au Québec, mais pas pour ceux de l’Ouest.