(Wendake ) Québec solidaire est peu impressionné par la « petite couche de vernis progressiste » que tente de s’accoler le Parti libéral, affirmant qu’il ne faut « jamais, jamais, jamais » oublier l’héritage qu’ils ont laissé au Québec après près de 15 ans au pouvoir.

Hugo Pilon-Larose Hugo Pilon-Larose
La Presse

Alors que la rentrée parlementaire aura lieu la semaine prochaine à Québec, le caucus des députés solidaires sont réunis mardi et mercredi à l’Hôtel-Musée Premières Nations à Wendake pour préparer leur retour au Parlement.

La semaine dernière, au terme de leur caucus à l’Assemblée nationale, la nouvelle cheffe libérale Dominique Anglade avait affirmé que son parti aurait désormais une « vision qui est résolument moderne » et « progressiste » face à un « choix beaucoup plus conservateur » et « d’une autre époque », faisant référence au gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ).

« Moi, ce qui m’a amené en politique, c’est la lutte sociale contre les politiques d’austérité du Parti libéral. Le Parti libéral, c’est le parti de l’austérité, du pétrole et de la corruption. Il n’y a aucun point commun avec Québec solidaire », a affirmé mardi le leader parlementaire du parti de gauche, Gabriel Nadeau-Dubois.

« La petite couche de vernis progressiste que tente d’apposer Mme Anglade, il n’y a aucun Québécois sérieux qui y croit », a-t-il ajouté.

« Le Parti libéral a gouverné, il ne faut jamais, jamais oublier ça, pendant les 15 dernières années. Il nous a amenés là où nous sommes en matière environnementale, en matière de santé, en matière de conditions de travail. […] Si Mme Anglade veut jouer dans ce film-là, […] elle a des croûtes à manger », a affirmé à son tour la cheffe solidaire Manon Massé.

Selon un récent coup de sonde mené par la firme Léger, publié mardi par les médias de Québecor, la Coalition avenir Québec domine les intentions de vote au Québec en obtenant l’appui de 48 % des répondants (en recul de 3 points de pourcentage depuis le sondage du mois de juin), suivi des libéraux à 22 % (même résultat qu’au précédent coup de sonde), du Parti québécois à 17 % (3 points de pourcentage de plus) et de Québec solidaire à 11 % (un point de pourcentage de plus).

Ces résultats ont été obtenus à partir d’un sondage web réalisé du 1er au 3 septembre auprès de 1000 Québécois. S’il s’agissait d’un sondage probabiliste, la marge d’erreur aurait été d’environ 3,1 %, 19 fois sur 20, indique Léger.

Pas de « barrage parlementaire »

Québec solidaire met également fin à sa promesse d’effectuer dès le 1er octobre un « barrage parlementaire » au gouvernement caquiste, affirmant que le contexte de la pandémie de COVID-19 exigeait de ne pas aller de l’avant avec une telle stratégie.

À l’hiver 2019, Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois avaient donné 18 mois à François Legault pour « répondre à l’urgence climatique ». Sans un plan concret, les solidaires promettaient de se servir de tous leurs pouvoirs pour « ralentir et déranger » la mise en œuvre des politiques de la CAQ.

Cette stratégie désormais mise de côté, QS attend de pied ferme le nouveau projet de loi 61 sur la relance économique du Québec que la CAQ a promis de déposer à l’automne sous la plume de la nouvelle présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel. En juin dernier, Québec avait dû mettre fin aux travaux sans adopter son projet de loi, qui avait notamment été critiqué en commission parlementaire. Mme LeBel a indiqué en août dernier qu’elle déposerait un nouveau projet de loi qui aurait les mêmes objectifs.

À « quelques heures » d’une deuxième vague

Manon Massé a également déploré mardi que le Québec vivra bientôt une deuxième vague d’infections à la COVID-19 parce que le premier ministre François Legault a selon elle minimisé la première vague en affirmant qu’elle avait plutôt touché les CHSLD que le reste de la société.

« La triste réalité, c’est qu’en disant aux gens que la seule défaite qu’on avait vécu c’était dans les CHSLD, le premier ministre envoyait le message qu’à l’extérieur des CHSLD, ça a bien été. Ça a créé un faux sentiment de sécurité. Aujourd’hui, il y a du relâchement et on se retrouve à quelques heures d’une seconde vague », a affirmé Mme Massé.

« Le gouvernement doit être très transparent sur les décisions qu’il prend et il doit être très clair et ne pas envoyer un double message », a-t-elle poursuivi.

Le Québec a enregistré mardi 163 nouveaux cas de personnes infectées par le coronavirus, en baisse comparativement au bilan de lundi, qui était de 216. Depuis le début de la pandémie, en mars dernier, 63 876 Québécois ont été infectés par la COVID-19.