(Québec) Le gouvernement Legault abandonne son controversé projet de loi 61 sur la relance économique, qu’il n’avait pas été capable d’adopter au printemps faute d’avoir un accord avec les partis d’opposition. Québec déposera toutefois cet automne un nouveau projet de loi qui aura les mêmes objectifs, a-t-on annoncé mercredi.

Hugo Pilon-Larose
Hugo Pilon-Larose La Presse

La présidente du Conseil du trésor, Sonia Lebel, en a d’abord fait l’annonce à TVA. L’information a ensuite été confirmée par son cabinet à La Presse.

Mme Lebel déposera donc un nouveau projet de loi à la rentrée parlementaire afin d’accélérer certains chantiers (écoles, hôpitaux, travaux routiers, etc.) pour relancer l'économie du Québec, qui vit les contrecoups de la pandémie de COVID-19.

Le projet de loi 61, qui avait ces mêmes objectifs, avait toutefois été vivement critiqué au printemps dernier par les partis d’opposition. On lui reprochait au départ d’accorder trop de pouvoirs au gouvernement, notamment en lui permettant de contourner la Loi sur les contrats publics. En commission parlementaire, le projet de loi 61 avait aussi été critiqué par plusieurs organismes, dont le Vérificateur général, le Bureau de l’inspecteur général de Montréal et le comité de suivi des recommandations de la commission Charbonneau.

En juin, Québec avait effectué plusieurs amendements dans l’espoir d’avoir l’accord des partis d’opposition pour lui permettre de le faire passer au vote. La session parlementaire s’était toutefois terminée sans qu’il y parvienne.

Après que Sonia Lebel eut annoncé mercredi qu’elle déposerait finalement un tout nouveau projet de loi cet automne, plutôt que de relancer le projet de loi 61 avec une série d’amendements, les partis d’opposition ont rapidement réagi à Québec.

« Après avoir accusé les oppositions de tous les maux de la terre pour avoir bloqué l’adoption rapide du projet de loi 61, la CAQ le retire complètement ! Bref : nous avions raison de nous tenir debout et de refuser d’adopter en catastrophe ce projet de loi abusif », a déclaré Gabriel Nadeau-Dubois de Québec solidaire.

« Le premier ministre a sillonné le Québec tout l’été pour vanter le projet de loi 61 et dire que tous ceux qui s’y opposaient étaient contre la relance économique. Et maintenant, il retire lui-même son projet de loi. Ça ne s’invente pas », a affirmé André Fortin du Parti libéral.

« Le gouvernement admet donc son erreur ? Va-t-il respecter les recommandations de la Comm. Charbonneau, cette fois ? Quel traitement réserve-t-il aux règles environnementales ? », a de son côté questionné le député péquiste Martin Ouellet.