(Québec) François Legault a catégoriquement nié mardi que son gouvernement tente d’affaiblir le plus important groupe anglophone du Québec. «C’est faux, complètement faux», a affirmé le premier ministre.

Martin Croteau Martin Croteau
La Presse

Aux prises avec une importante crise interne, le Quebec Community Groups Network (QCGN) a accusé lundi le gouvernement caquiste de mener une campagne «clandestine» pour le «déstabiliser».

Depuis une semaine, 10 des 60 groupes communautaires qui y étaient affiliés ont claqué la porte. Surtout basés à Québec et en région, ils accusent la direction d’être trop Montréalo-centrique et d’adopter un ton trop combatif à l’égard de Québec.

M. Legault s’est bien gardé de commenter la situation interne du QCGN. Il souhaite toujours travailler avec cet organisme, bien qu’il ira aussi la rencontre des groupes désaffiliés.

«Il y a des organismes qui préfèrent maintenant transiger directement avec le gouvernement plutôt que d’être représentés par le groupe de groupes, qui est QCGN, a dit M. Legault. C’est leur choix, je n’ai pas à intervenir sur comment ils veulent être représentés.»

Le député caquiste Christopher Skeete, responsable des relations avec les Québécois de langue anglaise, a qualifié le conflit entre les groupes anglophones de «décevant».

PC

Christopher Skeete

«Ça fait longtemps qu’on me parle de discorde à l’intérieur de QCGN, a-t-il convenu. Ce n’était pas ma place de révéler ça sur la place publique. Je dois vous dire, c’est inquiétant. Ce n’est pas une bonne nouvelle et je ne souhaite pas ça.»

Selon le chef du Parti libéral, Pierre Arcand, cet épisode démontre que le gouvernement caquiste doit se montrer sensible à l’égard des minorités.

«J’ai entendu M. Legault dire à quelques reprises qu’il voulait gouverner pour la majorité, a-t-il dit. Je pense qu’il doit gouverner pour tous les Québécois.»

Il croit que la crise qui secoue le QCGN témoigne de différences d’opinion au sein des Québécois de langue anglaise.

«Il y a des groupes d’anglophones qui sont un peu plus radicaux, qui sont un peu plus mécontents de ce qui se passe, a dit M. Arcand. Et il y en a d’autres qui se disent "On va être bons joueurs, le gouvernement a été élu démocratiquement, on va laisser la chance".»