(Québec) C’est une bonne nouvelle qu’Air Canada soit en voie d’acheter Air Transat, estime le premier ministre François Legault, cofondateur du voyagiste québécois.

Tommy Chouinard Tommy Chouinard
La Presse

« Bien sûr, c’est un pincement au cœur que j’ai quand je vois qu’Air Canada, notre compétiteur, achèterait Air Transat. Maintenant, c’est une bonne nouvelle que ce soit Air Canada. Parce qu’Air Canada a son siège social à Montréal. Je l’avais dit depuis le début : ce qui est important, c’est que le siège social reste au Québec », a-t-il fait valoir lors d’une mêlée de presse jeudi.

Il y a deux semaines, lorsque le nom d’Air Canada circulait comme acheteur éventuel, M. Legault répondait que son conseil d’administration se trouve « en partie » dans la métropole.

Jeudi, il a expliqué que les membres du conseil d’administration viennent « d’un peu partout dans le monde », chose normale à ses yeux pour une compagnie internationale comme Air Canada. Mais la majorité des membres de la haute direction se trouve dans la métropole, a-t-il ajouté.  

« Ce n’est peut-être pas idéal, car Air Transat avait 100 % de son siège social et de la haute direction à Montréal. Air Canada a la majorité, les deux tiers à l’œil. J’aimerais qu’il y ait 100 % de la haute direction d’Air Canada à Montréal. Donc on va avoir des discussions. »

Il reconnaît que « beaucoup de gens sont peut-être inquiets de la concurrence », donc d’une éventuelle hausse des prix, pour les vols dans le Sud en particulier. Il reste les compétiteurs Sunwing et WestJet. M. Legault a rappelé que le Bureau de la concurrence devra se prononcer sur cette transaction en préparation.

Le premier ministre maintient ses critiques à l’égard d’Air Canada au sujet des vols domestiques. « On a commencé à discuter avec Air Canada. Je veux qu’on mette des prix maximums pour certaines régions au Québec. Les discussions vont bon train actuellement. Il y a de l’abus parce qu’il y a monopole sur certains vols domestiques. C’est là qu’est ma plus grande préoccupation. Mais on l’avait cette préoccupation avant l’achat d’Air Transat. »

De son côté, le chef intérimaire du Parti québécois, Pascal Bérubé, se dit « inquiet ». « D’abord parce qu’Air Transat, c’est un siège social qui est véritablement au Québec contrairement à Air Canada. Sur papier, il est à Montréal, mais les décisions se prennent à Toronto. Et la deuxième raison, c’est pour le consommateur. Il faut savoir qu’il y a une filiale d’Air Canada qui s’appelle Rouge qui fait du bas prix. Et si on élimine un joueur, c’est sûr que les prix sont susceptibles d’augmenter », pour le Sud en particulier.