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Des avantages remis en question à la SQ

Alors que s'amorce un cycle de compressions sans... (Photo Alain Roberge, archives La Presse)

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Alors que s'amorce un cycle de compressions sans précédent au sein de l'organisation de l'édifice Parthenais, des sources ont à l'intention de La Presse relevé des mesures flagrantes d'économies susceptibles d'aider la direction à atteindre l'objectif fixé au printemps dernier par Québec.

Photo Alain Roberge, archives La Presse

(Québec) On ne ménage rien pour accroître l'efficacité des opérations policières à la Sûreté du Québec. C'est ainsi que les contribuables sont appelés à payer la note pour doter d'automobiles banalisées chacun des 400 officiers de la police provinciale. Les fonds publics paient l'auto, son entretien et l'essence pour ces véhicules dont se servent, week-ends compris, les cadres de la police.

Alors que s'amorce un cycle de compressions sans précédent au sein de l'organisation de l'édifice Parthenais, des sources ont à l'intention de La Presse relevé des mesures flagrantes d'économies susceptibles d'aider la direction à atteindre l'objectif fixé au printemps dernier par Québec - 40 millions pour l'année en cours, auxquels viennent tout juste de s'ajouter 20 millions, soit 3% de la masse salariale. Une rencontre doit avoir lieu mardi avec les représentants de l'Association des policières et policiers provinciaux. On leur présentera un plan de compression de plus de 200 millions sur quatre ans.

Au passage, on relève que le nombre de patrouilleurs a diminué cette année par rapport à l'année précédente, passant de 5815 en 2013 à 5762 en 2014. Pendant ce temps, le nombre de cadres restait stable, à 54, mais celui des professionnels passait de 343 à 398. Le nombre de membres du personnel de bureau a crû à 1314, près de 200 de plus qu'en 2013.

Mais dans les rangs des sans-grade, on veut tout de suite mettre la table. Les avantages accordés aux cadres font depuis longtemps grincer des dents. Depuis les années 70, tous les officiers de la SQ ont droit à une auto qu'ils peuvent utiliser comme ils l'entendent même le week-end. Théoriquement, le véhicule devrait être laissé au stationnement quand l'officier est en vacances, mais cette règle est souvent contournée, confie-t-on à l'interne. Il s'agit d'autos intermédiaires, banalisées, un parc automobile renouvelé selon l'usage, tous les 200 000 kilomètres. Au début, on se contentait d'autos américaines. Depuis quelques années, on privilégie les japonaises à quatre roues motrices, surtout en région.

Les heures supplémentaires des officiers (lieutenants, capitaines, inspecteurs, inspecteurs-chefs et directeurs) ne sont pas compensées. Ces automobiles de fonction font partie des «conditions relatives» qui leur ont été accordées. Théoriquement, ils peuvent être appelés sept jours par semaine, vingt-quatre heures par jour. Or, pour la très grande majorité d'entre eux, une telle éventualité est bien peu probable.

«Ce sont des véhicules d'urgence, selon la définition du Code de la route. Ils sont équipés de gyrophares [à l'intérieur] et d'une radio, qui doit être en fonction. En cas d'intervention d'urgence, l'officier est tenu de se présenter sur le site d'opération», explique Michel Forget, le directeur des communications de la SQ.

Joint hier, Pierre Veilleux, président de l'Association des policières et policiers provinciaux du Québec, souligne que le parc de véhicules mis à la disposition des officiers est une avenue explorée pour les compressions. «Est-ce que l'on devrait couper ça? Je ne voudrais pas [que les officiers] se prononcent sur les conditions de travail de mes membres, je ne le ferai pas sur les leurs.» Pour l'APPQ, les compressions ne devraient pas toucher aux opérations, nuire au travail quotidien des patrouilleurs, syndiqués, au bas de l'échelle.

Hausse du nombre d'officiers 

Le nombre d'officiers qui ont droit à une automobile a augmenté rapidement depuis dix ans. Lors du dernier cycle de négociations, on a haussé une centaine de «chefs de poste» au grade d'officier, ce qui a fait bondir la facture. En outre, dans les gros postes, ils devenaient capitaines avec un lieutenant comme adjoint: une auto de plus dans le stationnement.

Bon nombre de ces autos de fonction sont dans le stationnement du bunker de Parthenais, où se trouvent beaucoup de cadres de la SQ en dehors des postes régionaux. Là encore, les chances sont faibles que ces officiers soient appelés en catastrophe sur un site d'opération.

Dans les documents préparés pour l'étude des crédits, cet été, on constate que la SQ a en tout 1537 véhicules banalisés (dont 400 pour les officiers). Il s'en trouve 681 à Parthenais et 122 dans la région de Montréal. Elles servent normalement à déplacer des enquêteurs ou à faire des filatures.

Ironiquement, les automobiles identifiées, à l'usage des 3500 patrouilleurs, sont moins nombreuses: on en compte 1018 en 2014.




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