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Personnalité de la semaine: Elisabeth Williams

La conceptrice visuelle Elisabeth Williams.... (Photo David Boily, La Presse)

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La conceptrice visuelle Elisabeth Williams.

Photo David Boily, La Presse

La conceptrice visuelle montréalaise, qui a fait des études universitaires en sciences sociales, a l'habitude des changements de décor. La lauréate d'un prix prestigieux de l'Art Directors Guild ne compte pas s'arrêter en si bon chemin. Elle rêve maintenant de travailler à Hollywood avec les Nolan, Anderson et Coen de ce monde. Elisabeth Williams est notre personnalité de la semaine.

Quand Elisabeth Williams a remporté un prix important, la semaine dernière, à Los Angeles, pour son travail sur la deuxième saison de la série The Handmaid's Tale (La servante écarlate), elle a remercié ses deux enfants, mais elle a aussi tout de suite dit à la foule d'où venaient sa robe et son collier. Pas étonnant.

Elisabeth Williams est conceptrice visuelle. Le prix qu'elle a gagné, c'était pour la direction artistique de La servante écarlate. Et il était remis par l'Art Directors Guild, important regroupement de directeurs artistiques. Ces gens s'intéressent aux ambiances, au style, aux décors, aux messages qu'envoient les environnements visuels où se déroulent les films et les séries télé.

Notre personnalité de la semaine ne pensait jamais qu'elle ferait un jour ce métier de direction artistique en entrant en science politique et en langues étrangères, à l'Université de Montréal, après le cégep et une enfance rue Sainte-Famille. Issue d'une famille d'universitaires - sa mère enseignait l'andragogie à l'UdeM et son père, la littérature médiévale à l'Université McGill -, elle se préparait à plonger dans sa tête à la recherche de solutions théoriques aux enjeux sociaux et politiques actuels. Après son diplôme de premier cycle, elle a d'ailleurs entamé une maîtrise en éducation comparée. C'était l'époque de la consolidation de l'Union européenne, explique-t-elle en entrevue, de l'Accord de libre-échange nord-américain aussi, d'une certaine mondialisation qui nécessitait un questionnement sur les équivalences de diplômes.

Sauf que pour financer la poursuite de ses études, elle cherche du travail pendant l'été et trouve un poste - du travail de bureau, essentiellement - dans une entreprise de production appelée Cinar Films. Elle y travaillera suffisamment pour se rendre compte qu'elle adore le domaine. Elle demande de faire un stage chez un directeur artistique qui l'amène sur une autre production, et là, c'est le coup de foudre pour tout cet univers. « J'ai eu la piqûre », dit-elle.

La jeune femme finira sa maîtrise par principe, mais l'écran venait de la happer.

Cap sur Hollywood

Aujourd'hui âgée de 49 ans, elle explique qu'elle a gravi les échelons un à un dans le monde de la télé et du cinéma. En travaillant au Québec, notamment avec Denis Villeneuve, sur son film Polytechnique - « Mais ça fait longtemps ! Il ne se souvient sûrement pas de moi » -, et dans le reste du Canada, sur la série Fargo, entre autres, tournée en Alberta, et sur La servante écarlate, bien sûr, tournée en Ontario. En chemin, elle est aussi allée chercher de la formation professionnelle, en décoration, en dessin.

Est-elle étonnée d'avoir pris un chemin si éloigné de son point de départ ? « En fait, au départ, je voulais être architecte, architecte paysagiste », explique la directrice artistique. « Mais mes notes n'étaient pas assez bonnes. »

Les sciences sociales l'ont amenée ailleurs à l'université, dans des univers intéressants.

« Mais le milieu créatif me convient mieux. Ça va mieux avec ma personnalité. »

Elle aime l'intensité des projets à durée déterminée. « Ça va avec mon côté impulsif. »

Aimerait-elle un jour travailler à Hollywood ?

« Oui, c'est clair », répond-elle du tac au tac, en ajoutant qu'elle a déjà eu une offre, qui n'a pas pu se concrétiser à cause d'un conflit dans son emploi du temps.

« Oui, c'est un but », ajoute-t-elle. « J'aimerais vraiment ça. »

Son rêve ? Travailler un jour avec Christopher Nolan, le réalisateur de Memento, son film préféré, avec Wes Anderson (The Royal Tenenbaums, Moonrise Kingdom), les frères Coen (Fargo, Barton Fink, The Big Lebowski). À Montréal, elle aimerait retravailler avec Denis Villeneuve (Incendies, Sicario).

Dans 10 ans, elle s'imagine en train de travailler sur des films partout dans le monde, à choisir des projets idéaux. Des trucs immenses comme Game of Thrones ou The Crown, ou juste charmants comme The Marvelous Mrs. Maisel.

En attendant, La servante écarlate est en selle pour encore plusieurs saisons. Et Margaret Atwood doit publier la suite de son roman paru dans les années 80.

On n'a pas fini de plonger dans le cauchemar de Gilead, de s'inquiéter pour June-Offred, de tourner la tête devant la juxtaposition de l'horreur et des décors souvent très doux, charmants, dont on ne sait jamais s'ils sont anciens ou futuristes, tragiquement ambivalents, de cette troublante série.

Elisabeth Williams en quelques choix

Un film: Memento, de Christopher Nolan

Un livre: « J'ai de la difficulté à choisir, j'adore lire. Je suis dans le même club de lecture depuis 20 ans. Donc je ne peux pas choisir un ouvrage en particulier, mais je dirais qu'Amélie Nothomb est mon auteur préféré. »

Un personnage historique : « Tous ceux qui se sont levés, au péril de leur vie, pour défendre leurs convictions. Comme Rosa Parks ou le manifestant inconnu de la place Tiananmen. J'aime la force et la folie des gens qui prennent ces risques. »

Un personnage contemporain : l'humoriste Sugar Sammy. « Il représente bien Montréal, son bilinguisme, son ouverture, sa gentillesse, son humour. C'est un gars vraiment charmant. Une belle personne. »

Une phrase : « "Si, au départ, vous ne réussissez pas, essayez, essayez et essayez encore." Apparemment, ça vient d'un livre d'éducation américain qui date de 1782. »

Une cause qui vous ferait descendre dans la rue : « La protection de la langue française, la liberté d'expression, les droits des femmes. La manifestation des femmes contre Trump, j'y suis allée. »




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