(Ottawa) Le gouvernement Trudeau encaisse un brutal camouflet diplomatique. Il a échoué à décrocher le siège non permanent qu’il briguait au Conseil de sécurité des Nations unies – une seconde défaite pour le Canada après celle de 2010.

Mélanie Marquis Mélanie Marquis
La Presse

Le résultat est tombé peu après 16 h, mercredi : le Canada est arrivé en troisième position dans la division régionale à laquelle il appartient, le « Groupe des États d’Europe occidentale et autres États», avec 108 votes, s'inclinant face à la Norvège (130 votes) et l'Irlande (128), sur un total de 192 voix exprimées.

Le ministre des Affaires étrangères du Canada, François-Philippe Champagne, avait déposé son bulletin de vote dans l’urne vers 12 h 40 dans la grande salle de l’Assemblée générale des Nations unies, à New York, quasi vide, de façon à respecter les consignes sanitaires liées à la COVID-19.

La lutte s'annonçait particulièrement corsée, d’autant plus que les deux rivaux européens faisaient campagne depuis environ une décennie, contre cinq ans environ pour le Canada. Pour l’emporter, il fallait obtenir les deux tiers (128) des 193 voix des pays membres.

À la veille du scrutin, le ministre Champagne assurait sentir qu’il y avait un « momentum » en faveur de la candidature du Canada. « Il y a quelque chose qu’on sent dans l’air avec les différentes interactions qu’on a eues », a-t-il confié mardi en entrevue avec La Presse.

Le premier ministre Justin Trudeau a investi beaucoup de capital politique – et le gouvernement, des centaines de milliers de dollars – pour gagner ce siège; dont la conquête s’inscrit dans le fameux slogan « le Canada est de retour » qu’il a scandé dès le lendemain de son élection, en octobre 2015.

En conférence de presse, mercredi matin, il n’a pas voulu se prononcer sur ce qu’un échec pourrait vouloir dire pour lui, personnellement. Il s’est contenté de réaffirmer que selon lui, le Canada avait beaucoup à apporter sur la scène internationale.

« Certainement et la Norvège et l’Irlande c’est des pays alliés, amis qui ont un bon impact dans le monde, mais le Canada amène des forces particulières et encore plus grandes que ces deux pays-là par notre membership dans le G7, dans le G20, la Francophonie, au Commonwealth, dans les États de l’Amérique, dans l’APEC », a-t-il soutenu.

« On est présent à tellement de différents niveaux et de tables qu’on peut rassembler les pays pour faire entendre des voix qui sont malheureusement pas toujours entendus quand les grandes puissances se préoccupent de leur sort et pas du sort de la planète », a enchaîné Justin Trudeau.

En 2010, sous Stephen Harper, le Canada s'était incliné face au Portugal.