Fait rare dans les annales judiciaires du Québec et du Canada : le mafieux montréalais Antonio Vanelli, celui-là même qui était la personne visée dans un meurtre ayant fait une victime innocente dans un café en juin 2016, a fait une courte déclaration écrite qui a été déposée au procès devant jury de deux accusés.

DANIEL RENAUD LA PRESSE

Ce procès, qui se déroule depuis quelques semaines, est celui de Jeff Joubens Theus et d'Ebamba Ndutu Lufiau, accusés d'avoir tué Angelo D'Onofrio au café Hillside, rue Fleury.

Dans sa déclaration d'ouverture, Me Katerine Brabant, de la poursuite, avait dit aux jurés que la personne visée dans cet attentat n'était pas M. D'Onofrio, mais Antonio Vanelli, et que les deux hommes se ressemblaient physiquement.

Dans sa déclaration écrite admise par la défense et déposée au procès la semaine dernière, Antonio Vanelli est très bref.

Photo présentée en cour

Angelo D'Onofrio, la victime innocente du meurtre survenu au café Hillside en juin 2016

Il admet qu'il s'est présenté au café Hillside le 2 juin 2016, « un lieu qu'il fréquentait régulièrement ». Il déclare qu'il a garé son véhicule Range Rover blanc à proximité du café et qu'au moment des événements, vers 15h50, le véhicule y était toujours. Il ajoute avoir été absent au moment du crime puisqu'il assistait à des funérailles. Enfin, il affirme que le véhicule lui appartenait par l'entremise d'une entreprise et qu'au moment des événements il en était l'unique utilisateur.

Un enquêteur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) expert en crime organisé, Francis Derome, a lui aussi brièvement témoigné dans une déclaration écrite admise par la défense.

Il déclare que M. Vanelli « est un membre de la criminalité organisée italienne de Montréal », qu'au moment des événements, il assistait aux funérailles d'un autre membre de la criminalité organisée italienne de Montréal, qu'à cette époque (juin 2016), un climat de tension régnait au sein du crime organisé italien et que des meurtres et autres actes de violence ont été commis.

Francis Derome affirme également que M. D'Onofrio n'était pas connu de la police et n'avait pas d'antécédents judiciaires.

« La police est là »

Un enquêteur des crimes majeurs du SPVM, David Desrochers, a commencé la semaine dernière à témoigner sur les moyens utilisés pour tenter de provoquer des réactions chez Jeff Joubens Theus, déjà suspecté du crime et sur écoute en mars 2017.

Le 10 mars, l'enquêteur s'est rendu chez la famille Theus, sachant que Jeff n'était pas présent, et a annoncé qu'il avait un mandat pour une prise d'ADN, dans le cadre d'un dossier de meurtre.

Un proche de Theus lui a envoyé un message texte pour l'aviser de la visite de la police.

« La police est là. Enquêteurs pour meurtre », a annoncé le proche.

« Ils disent quoi ? Appelle-moi et mets-moi sur mute, pour que je puisse entendre », a répondu Jeff Joubens Theus.

Témoignage reporté

L'enquêteur Desrochers devait poursuivre son témoignage lundi, mais le procès a été reporté temporairement à demain, car l'accusé Lufiau est malade. « Il pourrait s'agir d'une méningite, ça pourrait prendre quelques jours », a annoncé au jury le juge Daniel Royer, de la Cour supérieure.

Pour joindre Daniel Renaud, composez 514 285-7000, poste 4918, écrivez à drenaud@lapresse.ca ou écrivez à l'adresse courriel de La Presse.

photo présentée en cour

C'est dans cette partie du café que M. D'Onofrio était attablé lorsqu'il a été abattu par le tireur.