L'ex-député fédéral de Repentigny aurait violé une femme à la pointe d'un couteau, en plus de lui voler 650 $ dans son portefeuille, selon la preuve présentée pour convaincre la justice de le garder derrière les barreaux.

Mis à jour le 8 janv. 2019
PHILIPPE TEISCEIRA-LESSARD ET DANIEL RENAUD LA PRESSE

Jean-François Larose a été arrêté dans la nuit du 28 au 29 décembre dernier à son appartement de Montréal, juste après les faits que lui reproche sa présumée victime.

L'homme de 46 ans a été élu à la faveur de la vague orange qui avait déferlé en 2011 sur le Québec, avant de faire défection pour fonder le parti Forces et démocratie en 2014. Il a été battu en 2015.

Selon la preuve présentée par la procureure de la Couronne Anne Joncas-Côté devant la Cour du Québec le 31 décembre 2018, M. Larose serait entré en contact avec une femme qui avait affiché sur la plateforme Kijiji qu'elle cherchait un emploi de façon urgente.

Ils auraient convenu d'une rémunération horaire de 20 $ pour un massage de dos et de l'entretien ménager chez M. Larose. Alors qu'elle s'affairait à cette dernière tâche, Jean-François Larose est sorti entièrement nu de la salle de bains, a-t-elle raconté à la police. Elle a tout de même entrepris de lui masser le dos, mais l'homme lui a rapidement demandé une faveur sexuelle, qu'elle lui a refusée.

Compte-rendu de la victime

« L'accusé sort alors un couteau de sous son oreiller », a relaté la procureure, reprenant la version des faits de la présumée victime. « La voix de l'accusé devient plus agressive et tremble de rage. »

Jean-François Larose aurait ensuite entrepris d'avoir des relations sexuelles non consensuelles avec la femme, alors que « le couteau se trouve toujours à proximité ».

« Il aurait forcé la présumée victime à se rendre à la salle de bains afin qu'elle se lave, de force, toujours sous la menace du couteau. Il aurait ensuite ordonné à la présumée victime de quitter, tout en lui volant son portefeuille contenant 650 $ ainsi que des pièces d'identité », a continué Me Joncas-Côté.

Le portefeuille et le parapluie de la présumée victime ont été récupérés chez Larose.

Mise en liberté provisoire refusée

L'avocate de Larose, Me Aurore Brun, a tenté de convaincre la justice de libérer son client en attendant la suite du processus judiciaire. Un collègue de travail de l'accusé est venu offrir de déposer une caution de 500 $ pour garantir le bon comportement de Larose en cas de libération, mais la juge n'a pas été convaincue.

Me Brun n'a pas rappelé La Presse.

Jean-François Larose a affirmé qu'il avait eu la confirmation qu'il pourrait se présenter pour le Parti vert du Canada aux prochaines élections fédérales. Mardi matin, la formation politique a nié cette information et s'est complètement dissociée de l'accusé.

Larose avait toujours sa carte de député dans son portefeuille au moment de son arrestation.