La police de Montréal s’est dissociée mercredi des « propos inacceptables » d’un analyste, qui a soutenu que l’adolescent de 16 ans abattu dans Saint-Michel, Thomas Trudel, « n’a pas du tout le profil » d’un membre d’une gang de rue « en raison de sa nationalité ».

Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse

« Ce matin, une personne a accordé une entrevue à Salut Bonjour en lien avec le 31homicide survenu à Montréal en 2021. Le SPVM tient à se dissocier des propos inacceptables tenus lors de cette entrevue. Cette personne ne parle pas en notre nom et n’a jamais été à l’emploi du Service », a en effet indiqué le corps policier dans un tweet, publié en milieu d’après-midi.

Sur les réseaux sociaux, une séquence d’une entrevue avec Daniel Cléroux – un ancien patrouilleur du Service de police de Laval (SPL) devenu analyste en intervention policière dans les médias – circule abondamment depuis mercredi matin.

M. Cléroux y soutient notamment que Thomas Trudel « n’a pas du tout le profil d’être quelqu’un qui fait partie d’un gang, un de par sa nationalité ». Presque immédiatement partagés en ligne, les propos de l’analyste ont été jugés racistes par plusieurs internautes.

Rappelons que Thomas Trudel, 16 ans, retournait chez lui dimanche soir après une sortie au parc lorsqu’il a été abattu à deux pas de sa maison, dans Saint-Michel. Les motifs demeurent inconnus et aucune arrestation n’a pour l’instant été rapportée, trois jours après le drame. Un individu aurait tiré dans sa direction après un bref échange verbal ; l’adolescent a alors reçu une balle au haut du corps. C’est un témoin de la scène qui a appelé le 911. Il s’agissait du 31meurtre à survenir à Montréal cette année.