Le militant antivaccin François Amalega Bitondo a été arrêté par les policiers du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), mardi après-midi, devant la cour municipale de Montréal. Il sera détenu jusqu’à sa comparution devant un juge, mercredi, après avoir de nouveau refusé de porter un masque dans un endroit public.

Tristan Péloquin
Tristan Péloquin La Presse

M. Amalega Bitondo devait comparaître mardi matin devant le tribunal pour une accusation d’entrave découlant d’une manifestation à laquelle il a participé cet été dans une épicerie montréalaise.

Comme il refusait de porter le masque dans l’édifice de la cour municipale, les agents de sécurité lui ont demandé d’attendre à l’extérieur de l’immeuble. Le militant a alors demandé de pouvoir rester dans un « cubicule » (une petite salle d’entrevue) en attendant d’être appelé par le magistrat, mais les agents ont refusé.

Constatant son absence lorsque sa cause a été appelée, le juge Marc Alain a lancé un mandat d’arrestation non visé contre lui.

Les policiers du SPVM sont allés cueillir M. Amalega Bitondo devant l’immeuble vers 16 h. Il n’a opposé aucune résistance. « La réalité, c’est qu’il attendait à l’extérieur et refusait d’entrer avec un masque », a expliqué le porte-parole du SPVM Manuel Couture.

« Le mandat avait pour but de le faire comparaître. Nous avons exécuté le mandat, il va passer la nuit en détention et comparaître demain devant le juge », a précisé le porte-parole.

Le militant, ancien professeur de mathématiques au collège Jean-de-Brébeuf, multiplie depuis plusieurs mois les coups d’éclat en se filmant dans différents endroits où il refuse catégoriquement de porter le masque qui est, selon lui, inutile pour prévenir la transmission de la COVID-19. Il a aussi fait plusieurs manifestations devant des écoles secondaires, lors desquelles il scande ses arguments antivaccin dans un porte-voix. Ses gestes ont poussé l’Assemblée nationale à adopter une loi spéciale interdisant ce genre de manifestation à moins de 50 mètres d’établissements scolaires.

C’est la deuxième fois que M. Amalega se fait arrêter. Il a déjà passé une nuit en prison cet été, à la suite d’une manifestation dans un magasin à grande surface de Joliette, pour laquelle il fait face à quatre chefs d’accusation d’avoir troublé la paix et refusé de se conformer à des promesses de libération.

M. Amalega a récolté pour plus de 40 000 $ de contraventions pour violation des décrets sanitaires. Il conteste leur validité devant les tribunaux et souhaite faire témoigner le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, dans le cadre de cette contestation. « Je suis prêt à aller en prison pour mes convictions, a-t-il expliqué récemment à La Presse, en marge de son procès à Joliette. J’aime mieux être entre quatre murs qu’avoir la conscience emprisonnée en collaborant au mensonge. »

Vers 20 h mardi, quelques dizaines de manifestants se sont rassemblées devant le centre opérationnel du SPVM sur la rue Guy en soutien à François Amalega. « C’est une foule bruyante, mais qui collabore. Il n’y a pas de débordements ni d’arrestations pour le moment », a indiqué le porte-parole du SPVM Manuel Couture en fin de soirée.

Avec Alice Girard-Bossé, La Presse